Les conséquences économiques des annonces présidentielles d’hier soir…

Et bien écoutez Ali, Emmanuel Macron a juré qu’elles seront bien différentes de celles occasionnées par le confinement du printemps. Le président l’a dit, je le cite : « l’économie ne doit ni s’arrêter ni s’effondrer », « vous pouvez sortir pour travailler ». Bref, pas question de donner envie à tout le monde de s’enterrer dans un terrier, comme après son discours martial de mars dernier. Et la confiance, ça compte en économie.

Alors, alors, est-ce que ce sera suffisant pour éviter de revivre le crash du printemps ? A l’époque, l’activité économique avait fondu de 30% d’un coup. Là il y aura rechute, mais sans doute moins sévère. Déjà, les enfants seront à l’école, et donc les parents pourront être au travail, ça sera le rythme « boulot dodo ». Et puis certains secteurs qui avaient connu une chute brutale en avril – je pense au BTP et à l’industrie – et bien ces secteurs ont cette fois des protocoles sanitaires adaptés qui devraient leur permettre de mieux tenir le choc.  

Mais il y a un gros point noir. Depuis le début de la semaine, Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, plaidait en coulisse pour qu’on laisse ouvert les commerces non alimentaires. Et bien il a perdu son arbitrage. Ces commerces vont fermer pour au moins 2 semaines, juste avant noël. Pour vous donner une idée, novembre et décembre, cela représente 20% des ventes pour les enseignes de mode par exemple. Autant dire qu’il risque d’y avoir de la casse.

Est-ce qu’on peut au moins se rassurer en se disant que l’économie repartira fort après ce confinement, comme l’été dernier ?

Et bien c’est un peu la grosse inquiétude. C’est vrai que la consommation avait vite rebondi en mai et juin dernier. Mais les Français risquent d’être beaucoup plus prudents cette fois. Forcément, il y aura la crainte plus forte du chômage. Et puis si on a confiné une deuxième fois, qui nous dit qu’on ne le fera pas une troisième fois ? Emmanuel Macron a d’ailleurs fait dans son discours une bizarre allusion au « sentiment d’un jour sans fin » ; alors si c’est une évocation du film du même nom où Bill Murray revit éternellement la même journée déprimante, et bien ça n’a pas de quoi rassurer les consommateurs.

Donc en tout cas, le gouvernement va devoir adapter son dispositif économique à cette nouvelle donne. Plusieurs milliards d’euros vont être ajoutés cet après-midi pour les aides aux entreprises, creusant un peu plus un déficit déjà record. Et puis après, il faudra se demander si le plan de relance à 100 milliards d’euros annoncé en septembre n’est pas déjà un peu obsolète, alors qu’il n’a même pas été voté formellement par les députés. 

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