Le journal Les Echosrévèle que la Société Générale envisage de fermer jusqu'à 20 % de ses agences bancaires.

C'est une illustration supplémentaire des changements induits par le numérique. Il n'y a pas de raison que la banque ne soit pas concernée. La Société Générale prépare donc la suppression, d'ici 2020, d'une agence sur cinq. Au total 400 agences seraient touchées. En réalité, discrètement ou pas, tous les réseaux bancaires revoient leurs implantations sur le territoire. Pour vous donner une idée, si l'on additionne toutes les banques, privées, mutualistes, la France totalise aujourd'hui 37.000 agences bancaires – ce sera donc moins demain, c'est une certitude. L'explication est évidente et chacun peut la comprendre : combien de fois par mois va-t-on dans son agence, voir son conseiller ? Zéro, une fois, deux fois ? Rien à voir avec la façon dont cela fonctionnait il y a dix ou vingt ans. La plupart des opérations se font à distance, par Internet. Pour l'anecdote, la Société Générale vient de distribuer 80.000 tablettes à ses salariés pour les encourager eux aussi à la mobilité et au numérique. Cela étant, il ne faut pas être dupe. Cela fait longtemps que les banques savent que leurs effectifs sont trop nombreux, depuis les embauches massives des années 80. A l'époque, elles ont embauché au moment même où arrivait l'informatique qui a mécanisé -si on peut dire- les tâches. Je me souviens d'un job d'été où je recopiais les numéros de chèque en bas des chèques ! C’était le poste-marquage ! Trente ans plus tard, le numérique et le changement des usages des clients donnent la justification à la baisse des effectifs attendue depuis longtemps.

Peut-on craindre des licenciements ?

Non. D'abord parce que la pyramide des âges fait qu'il y a beaucoup de départs naturels chaque année. Ensuite tout l'enjeu des banques va être de savoir si elles sont capables de former leurs salariés aux métiers du conseil spécialisé, sur les successions, l'immobilier etc. Si elles ne gèrent pas ce virage, elles seront ubérisées, c'est-à-dire que d'autres acteurs prendront leur place et cela sera, là, plus grave. Elles n'y croient pas parce que les banques en ligne n'ont pas vraiment percé en France. Elles auraient tort de prendre la menace à la légère.

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