La Chine a annoncé hier une initiative spectaculaire sur les véhicules électriques.

Oui, Pékin exige qu’en 2019, 10% des voitures vendues dans le pays soient 100% électriques ou hybrides, c’est-à-dire contiennent une part significative de motorisation électrique. L’année suivante, ce sera 12% et cela pourrait monter à 20% en 2025. C’est, disons-le, la première fois qu’un marché aussi important décide une telle politique de quota. Si certains Etats américains comme la Californie se sont lancés dans cette voie, le Québec aussi, l’Europe y a réfléchi mais y a renoncé. Pourquoi ? Parce que les constructeurs automobiles ne sont pas très pressés et mettent en avant -et ils ont des arguments- les énormes investissements nécessaires en recherches mais aussi pour basculer vers une production électrique de masse. Qu’on en juge. Dans la mesure où la Chine est devenu le premier marché automobile au monde avec 25 millions de voitures par an, 10%, cela fait deux millions et demi, cinq fois plus qu’aujourd’hui. Les constructeurs américains, allemands, japonais, français, ont du coup obtenu que ce quota, qui devait initialement entrer en vigueur dès 2018 en Chine soit décalé à 2019. Mais la pollution est telle dans les villes chinoises que le pouvoir politique est sous pression forte de son opinion publique. Et la Chine a aussi pris des engagements internationaux sur le climat. Alors, l’Europe en viendra-t-elle en jour aux quotas ? Un jour, probablement. Pour l’instant, la France (Nicolas Hulot) s’est engagée à ce qu’il n’y ait plus de moteurs thermiques vendus sur notre sol en 2040. C’est très ambitieux mais cela semble moins radical. Il est clair que la pollution n’a rien à voir ici avec ce qu’elle est en Chine.

Ce quota chinois n’est pas non plus sans arrière-pensée.

Exactement.Une arrière-pensée industrielle. En allant vite, le gouvernement donne un coup de pouce à ses propres industriels qui travaillent beaucoup sur l’électrique et notamment les batteries. Selon certains experts, il pourrait arriver dans la voiture ce qui est arrivé pour le téléphone. Les pays émergents sont directement passés au téléphone mobile sans avoir besoin d’installer les infrastructures fixes coûteuses que nous avons. Ils ont sauté une technologie. La Chine peut passer, sur la voiture, directement à la production de voitures électriques alors que les constructeurs classiques ont des chaînes de production à amortir. On n’en est pas là, mais il se confirme que la Chine, dans ce domaine, veut devenir le leader mondial.

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