Dans une heure, François Fillon fera sa rentrée médiatique et politique ici, à ce micro. Quel paysage économique a-t-il sous les yeux ? Ce qui frappe, au-delà des informations quotidiennes qui vont dans tous les sens, est que l’on est dans le brouillard. La situation économique est à la fois peu lisible et volatile. C'est difficile à reconnaître, surtout pour ceux qui font profession d’expertise, mais c’est la vérité. Il y a quelques mois, une rengaine tournait en boucle : çà y est, les Etats-Unis sont repartis, mais l’Europe (encore une fois) est à la traîne. Depuis deux semaines, c’est l’inverse : l’Europe semble avoir le mors au dent, l’Allemagne cavale, la France trottine, tandis que les Etats-Unis craignent une rechute. Ainsi, au deuxième trimestre, la croissance américaine (on l’a appris vendredi) a été de 1,6% en rythme annuel alors qu’au début de l’année, on était à près de 4%. Donc, les analyses se retournent comme des crêpes. C’est normal après la crise la plus profonde depuis 1929, mais c’est difficile à gérer pour les gouvernements – y compris pour le Premier ministre français. … Mais celui-ci doit bien établir des scénarios pour sa politique économique ! En fait, il y en a deux. Soit l’Europe, avec une Allemagne et une France plutôt en bonne forme, s’en tire toute seule comme une grande, elle n’est pas contaminée par la panne que l’on voit ailleurs. Soit, deuxième hypothèse, les bonnes nouvelles du printemps n’étaient qu’un soufflé et la solution est de soutenir encore et toujours l’activité. Comment ? Pas avec les budgets (à sec), mais par l’assouplissement de la politique monétaire des banques centrales (faire tourner la planche à billets). Ce week-end, les responsables de la Réserve fédérale, de la BCE, ont mis sur plus beau jean pour leur université d’été à eux, à Jakson Hole, dans l’Etat américain du Wyoming. C’est de çà qu’ils ont parlé. Tout çà est bien moins loin des préoccupations de François Fillon qu’on pourrait le croire. Car le mot d’ordre, dans l’incertitude actuelle, redevient de ne pas casser la confiance. Plus que jamais, la consommation des Français ne doit pas flancher. Et cela a des conséquences sur ce qui sera fait, par exemple sur les niches fiscales. Lesquelles, concrètement ? L’objectif est de réduire de 10 milliards d’euros ces avantages fiscaux. Mais sur deux ans, entre 2011 et 2012 ! Parions qu’une partie de l’effort demandé aux Français portera sur 2012. On peut parier aussi qu’un effort particulier pèsera sur les épargnants, plus que les consommateurs. On répète dans les cabinets ministériels que le taux d’épargne est élevé en France ! François Fillon vous en dira-t-il plus sur le coup de sabre sur les niches ? On verra … mais on peut parier (troisième pari) qu’il fera attention de ne pas dévoiler toutes les mauvaises nouvelles avant la journée de manifestation du 7 septembre ! Ce qui est sûr en tous cas est que, entre les retraites et le budget, les trois semaines qui viennent seront déterminantes pour la croissance mais aussi la crédibilité de la politique budgétaire de la France.

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