Dominique Seux nous dévoile les mesures fiscales du budget 2018 en direction des entreprises.

Plusieurs décisions de transformations ont été prises par le gouvernement et elles seront confirmées ce soir par Bruno Le Maire, ministre des Finances, devant les chefs d’entreprise du Medef sur le campus d’HEC, près de Paris. Depuis la rentrée de lundi, ce qui frappe le plus, à écouter l’Elysée, Matignon, Bercy, les ministres, c’est la volonté d’aller vite, face à un sentiment d’urgence, d’usines qui ont fermé en masse depuis une quinzaine d’années, de capitaux qui sont partis et de changements technologiques majeurs. Ce qui frappe aussi, c’est que Le Maire, Macron, Edouard Philippe sont décomplexés sur les mesures à prendre -Valls était sur la même ligne hier à ce micro d’ailleurs-, ils ne croient plus trop au donnant-donnant, à l’équilibre millimétré entre des mesures pour les uns et pour les autres, aux contreparties etc. Par exemple, ils savent évidemment, que la demi-suppression de l’ISF passera mal. On se souvient du bouclier fiscal de Sarkozy. Mais ils assument.

Alors, quelles mesures concrètes ?

Un : Le taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés sera ramené de 33% à 25% d’ici 2022 – soit huit points de baisse comme en Allemagne. Coût : 10 milliards, autant que la suppression de la taxe d’habitation pour quatre Français sur cinq. Deux : l'épargne, le patrimoine mobilier, les actions des entreprises seront exonérés d’ISF et les revenus du capital seront soumis à un taux unique de 30%. Pourquoi ? Les entreprises ont du mal à trouver des capitaux. Ainsi, le capital des grandes entreprises françaises est ici quasiment pour moitié entre des mains de non-résidents, plus qu’ailleurs. Et ces actionnaires là, attendent, exigent des dividendes plus élevées. En revanche, le patrimoine immobilier restera à l’ISF. Économiquement, l’idée est d’inciter les gens qui ont de l’argent à l’investir en prenant des risques dans les entreprises, et pas dans des immeubles. Naturellement, polémique assurée. Enfin, trois : c’est la transformation en 2019 du CICE de Hollande en baisse de charges sociales : le Medef n’en veut plus, il sera mécontent, mais le gouvernement y tient au nom de la clarté du coût du travail pour les PME – et il a raison. Au total, il y a une continuité pro-entreprise avec la seconde partie du quinquennat de Hollande mais l’immense différence est que Macron est arrivé en tête au 1er tour de la présidentielle et a été élu peut-être pas sur mais avec ce programme. Il n’y a donc pas de surprise.

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