Mardi, Nicolas Hulot s’en est pris, sur l'antenne de France Inter, à la « folie du nucléaire ». On sait mieux ce matin ce qu’il avait en tête.

Est-ce le rapport qui préconise la construction de 6 nouveaux EPR qui a fait craquer Nicolas Hulot ?
Est-ce le rapport qui préconise la construction de 6 nouveaux EPR qui a fait craquer Nicolas Hulot ? © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

Il y a effectivement peut-être un élément d’explication que nous n’avions pas mardi matin. Cet été, son cabinet a reçu un rapport commandé au printemps par lui-même et Bruno Le Maire, à Bercy, sur de futures constructions de centrales nucléaires en France. Il n’est pas certain qu’il avait lui-même lu ce document, dévoilé par Les Echos, mais il en avait entendu parler. 

De quoi s’agit-il ? 

D’un rapport confidentiel Défense, sur "Le maintien des capacités industrielles de la filière nucléaire". Le point de départ du rapport, c’est la crainte d’EDF et des militaires que la France perde des compétences techniques nucléaires (des ingénieurs). EDF estime que les difficultés de Flamanville viennent en partie de là : cela fait trop longtemps qu’on a perdu la main avec des nouvelles centrales ; les militaires, eux, s’inquiètent pour les réacteurs nucléaires des sous-marins et du porte-avions. 

Bref, le rapport, pour maintenir les compétences et remplacer les vieilles centrales, suggère de construire six EPR (des réacteurs de nouvelle génération) à partir de 2025 – un tous les deux ans, voire même de doubler la mise. 

Ce travail n’engage pas le gouvernement, m’a-t-on dit dans tous les ministères, mais des proches de Nicolas Hulot glissent : c’est un monde absurde dans lequel on déciderait du calendrier de construction de réacteurs pour conserver des compétences ! 

Evidemment, dans le camp nucléaire, ce sont les besoins en électricité qui sont mis en avant, même avec une part du nucléaire qui va diminuer dans le mix énergétique.

Cela a donc pu contribuer au ras-le-bol de Nicolas Hulot

En réalité, c’est difficile à savoir, on livre simplement ce matin une pièce au dossier. 

Ce qui est étrange est que l’on avait l’impression, et on le tient encore une fois de ses proches -dont j’assure qu’ils ne sont pas à l’origine de la fuite-, que le climat s’était amélioré au sein du gouvernement sur l’avenir du nucléaire. Un accord était par exemple conclu pour que la part du nucléaire dans la production électrique passe de 75% aujourd’hui à 50% en 2035 voire 40% après 2040, dans une vingtaine d’années. Nicolas Hulot acceptait ce deal. 

Apparemment.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.