Ce matin, après son discours d’hier à l’Assemblée, Dominique Seux pose trois questions à Manuel Valls, qui sera l’invité de France Inter de 8 h 20 à 9 heures.

Je ne veux pas, cher Patrick, avoir l’air de vous suggérer des questions au Premier ministre que vous allez recevoir dans une heure exactement. Je vois devant vous une pile épaisse de feuilles griffonnées ! Mais son discours de présentation aux députés du programme de stabilité budgétaire 2014-2017 suscite trois questions précises. La première est la suivante : vous annoncez des nouvelles aides aux entreprises pour les aider à embaucher et investir ainsi que des simplifications. Mais pourquoi donc aucune de ces mesures n’est applicable tout de suite, maintenant ? Le « zéro charge » au niveau du Smic, c’est 2015, les baisses fiscales 2017. Or, c’est maintenant que la conjoncture est « poussive » comme le dit l’Insee. Hier, on a appris, et vous l’avez relevé, que le moral des ménages a perdu brutalement trois points, et même qu’il a chuté aussi fortement qu’en … 1993 quand on leur parle de leur situation financière future. Vous répondrez qu’il n’y a pas d’argent dans les caisses et que l’annonce d’un nouveau plan va d’ores et déjà provoquer un choc de confiance. Ce n’est pas sûr. Le choc, c’est ce qu’on voit, pas ce qu’on entend.

La deuxième question concerne ce qui se passe chez nos voisins.

Une question qui brûle les lèvres depuis que l’on a appris, hier aussi, les résultats assez remarquables de l’économie britannique. Sur les douze derniers mois, la croissance tourne autour de 3% et le chômage est passé en février sous la barre des 7% - inutile de rappeler où nous nous situons, chacun le sait. Il faudrait certes, connaître aussi, le taux de pauvreté. Mais, Monsieur le Premier ministre, voyez-vous, des leçons à prendre de ce pays qui se redresse avec des recettes très musclées, sur l’emploi public, vis-à-vis des demandeurs d’emploi ? A l’heure actuelle, le modèle qu’accepte de se donner le gouvernement, c’est l’Italie de Mattéo Renzi, ce n’est ni l’Allemagne sociale-démocrate de Merkel ni le Royaume-Uni ultra-libéral de Cameron. A Londres, tout est-il à rejeter ?

La troisième question porte sur les déficits publics.

M. le Premier ministre, hier, vous avez revendiqué le « sérieux budgétaire ». Mais dans un discours pourtant consacré aux finances publiques, vous ne vous êtes à aucun moment engagé à ramener le déficit public à 3% du PIB en 2015 – comme vous l’assurez par écrit à Bruxelles. Il y a deux semaines, vous aviez seulement indiqué par oral que la France « tiendrait ses engagements ». Pouvez-vous dire publiquement, ici, que 3% de déficit, c’est votre feuille de route pour l’an prochain ?

Je sens qu’une dernière question vous démange…

Le gouvernement et notamment Arnaud Montebourg ont raison d’intervenir sur le dossier Alstom. Après, il y a le style. A l’été 2012, Montebourg avait mis violemment en cause les « dissimulations » de la famille Peugeot. Hier, il s’est demandé si un détecteur de mensonges devait être installé dans le bureau de Patrick Kron, le patron d’Alstom. Manuel Valls approuvez-vous cette façon de parler ?

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