Ce week-end, la taxation européenne des GAFA a fait quelques pas en arrière, la France est furieuse.

La Danoise Margrethe Vestager, commissaire européenne a la concurrence, lors des Journées de Bruxelles organisées au Bozar sur le thème "Europe Yes We Can". Elle est célébre pour son action visant à faire payer des impôts en Europe aux géants du Net
La Danoise Margrethe Vestager, commissaire européenne a la concurrence, lors des Journées de Bruxelles organisées au Bozar sur le thème "Europe Yes We Can". Elle est célébre pour son action visant à faire payer des impôts en Europe aux géants du Net © Maxppp / Voix du Nord / Florent Moreau

Il faudrait tourner sept fois sa langue dans la bouche avant d’annoncer une information comme sûre. Il y a un mois, tous les médias jugeaient acquise la taxation à venir par l'Europe des géants américains du numérique. La Commission européenne soutenait cette idée française, comme nos voisins, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et d'autres encore. C'était fait. 

Eh bien, erreur : les ministres des Finances réunis à Sofia, en Bulgarie, ont dû se rendre à l’évidence vendredi. Il n’y a pas -il n’y a plus- d’accord. Le Luxembourg ou Malte y sont hostiles -on le savait- parce qu’ils vivent des avantages fiscaux aux grandes entreprises ; mais c'est nouveau, l’Allemagne et le Royaume-Uni aussi branlent dans le manche, c’est ennuyeux. La raison officielle est qu’il vaut mieux -selon Berlin- attendre un accord international, mondial, sur le sujet, accord sur lequel travaille l’OCDE. 

Mais la véritable explication est qu’Angela Merkel ne veut donner aucun argument à Donald Trump pour imposer des sanctions commerciales à l’Europe (ce sera quand même peine perdue), et que Londres ne veut pas gâcher ses futures relations post-Brexit avec Washington. 

Bref, c’est la trouille qui parle. Certes Pierre Moscovici, le commissaire européen, reste confiant, explique que 18 pays sur 28 restent acquis à la taxe, que tout cela est tactique, mais l’impression est quand même mitigée.

Un échec serait préjudiciable à la France

Bruno Le Maire, ministre des Finances, s’est personnellement investi sur ce sujet, et il a d’ailleurs exprimé une colère froide en expliquant à ses collègues à Sofia, je le cite : « si vous allez aller aux élections européennes avec comme message aux électeurs le fait que nous avons beaucoup parlé, beaucoup débattu, mais rien décidé, eh bien bonne chance ». Fin de citation. Ce n'est pas faux. 

Au-delà du sujet Google, Amazon etc., Paris a besoin d’avancées concrètes sur l’Europe. Car sur la zone euro, la politique commerciale, l’immigration, la situation se présente plus mal qu’Emmanuel Macron l’envisageait au moment de son discours à la Sorbonne, notamment parce que l’Allemagne est obsédée - légitimement- par la présence de 92 députés d’extrême-droite au Bundestag. 

Le sujet taxation des Gafa était donc remonté en haut de la pile, la pile est hélas aujourd’hui dans un équilibre un peu plus instable qu’hier.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.