Hé oui, taxe carbone ou pas, le prix de l’essence flambe à nouveau.

Compter plus de 1 euro 58 pour le litre de Sans Plomb 95, selon les derniers relevés. On est au-dessus du pic de l’automne, qui avait déclenché la colère des gilets jaunes. L’accalmie de l’hiver, où les prix avaient chuté de près de 20 centimes, aura été de courte durée. Il faut désormais remonter à 2013 pour le précédent record. Bon, c’est un peu moins marqué pour le prix du gazole. Mais l’impact n’est évidemment pas neutre pour le pouvoir d’achat. Souvenez-vous, celui-ci avait baissé dans la première moitié de 2018, à cause de la hausse de la CSG, certes, mais aussi du mini choc pétrolier. Fort heureusement, les mesures lâchées par le gouvernement garantissent des gains de pouvoir d’achat quoi qu’il arrive cette année.

Mais faut-il s’inquiéter pour la croissance ? 

Alors le chiffre que vient de publier l’Insee est un peu décevant, +0,3% au premier trimestre. Contre 0,4% prévu. A ce stade, cela ne remet pas en cause la prévision pour 2019, +1,4% sur l’année. Mais attention, le contexte n’est pas favorable avec le ralentissement du commerce mondial. Et puis Bercy avait construit le budget sur la base d’un pétrole à 63 dollars le baril. On est quasiment à 10 dollars de plus aujourd’hui. Mécaniquement, ça pèse sur l’inflation et l’activité. Cela va compliquer aussi la tâche du gouvernement qui veut raboter les niches fiscales des entreprises. Et notamment le prix réduit du gazole pour certains secteurs industriels. 

On imagine encore moins un retour de la taxe carbone…

Politiquement sans aucun doute, mais économiquement, je pense exactement l’inverse. Que nous montre la séquence des 12 derniers mois ? On a un prix du pétrole qui fait le yoyo, entre 50 et 85 dollars le baril, pour des raisons géopolitiques, en particulier l’attitude de Trump vis-vis du pétrole iranien. On ne peut pas dire que le signal prix soit très clair, pour inciter à décarboner l’économie, orienter les investissements, quand tout dépend d’un tweet du président américain. Il y a donc plus que jamais besoin d’une taxe carbone, d’une trajectoire. Mais dans des conditions différentes, plus progressive et plus acceptable socialement.

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