Pour ce dernier édito éco de l’année : les trois actualités qui vous ont le plus marqué . D’abord, il y a une entreprise : Apple. Vous allez dire que c’est une obsession, que je suis vendu à cette pomme, que c’est la mort de son fondateur Steve Jobs qui me fait dire ça. Mais ce n'est pas du tout le cas. Apple a réalisé une performance incroyable. En un an, ses ventes ont grimpé de 43 milliards de dollars pour atteindre 108 milliards. Soit un bond de 66%. Ca arrive parfois dans une PME de 200 millions de chiffres d’affaires, ou quand un groupe rachète son principal concurrent. Mais jamais une entreprise de cette taille n’a fait toute seule une performance ne serait-ce que la moitié ou le tiers de celle-ci. C’est comme si un athlète courait soudain le 100 mètres en 6 secondes, ou si François Bayrou gagnait la prochaine présidentielle au premier tour avec 75% des voix. C’est sans précédent, et ça restera unique. Cette accélération, en plus, est le seul fruit de l’innovation. Apple a fait 47 milliards de dollars de chiffre d’affaires avec son iPhone qui n’existait même pas il y a cinq ans. C’est tout bonnement prodigieux. Deuxième événement, pas aussi enthousiasmant. Evidemment, puisqu’il s’agit de l’accident nucléaire de Fukushima. Avec un préliminaire : personne, du moins en Europe, ne songe à s’indigner ou à s’attrister pour les 20.000 Japonais engloutis par le tsunami. Tout sur la centrale ! Les images effarantes de réacteurs échappant à tout contrôle ont eu des effets économiques majeurs. L’industrie nucléaire est sinistrée. On le voit bien en France avec les licenciements annoncés chez Areva. Et avec les décisions d’arrêt du nucléaire en Allemagne, en Italie, au Japon, c’est tout l’équilibre énergétique de la planète qui est bousculé. Moins de nucléaire, ça veut dire d’abord plus de charbon et donc un air beaucoup plus pollué. Ca devrait vouloir dire ensuite plus d’énergies renouvelables. Mais il risque de ne pas y en avoir assez et pas tout le temps. Le soleil ne brille pas la nuit. Troisième et dernier événement. Un changement majeur : les Etats ne sont plus des emprunteurs sûrs à 100%. C’est ce que signifie l’abaissement de la notation de la dette publique américaine par l’agence Standard and Poors en août dernier. La France risque de subir le même sort. La conséquence, c’est que les Etats vont avoir tôt ou tard du mal à trouver de l’argent. Nous n’avons pas fini d’entendre parler de plans de rigueur, voire de défaut de paiement. Et puis c'est aussi une révolution pour le monde de la finance, qui est toute entière fondée sur un produit financier supposé en béton, l’obligation américaine. Mais vous n’avez pas parlé de la crise de la zone euro ! Cette crise est la conséquence directe de la faiblesse des Etats. Si la Grèce ou l’Italie n’avaient pas de problèmes budgétaires, les banques seraient à peu près solides et tout irait bien. Pour s’en sortir, les Etats devront faire comme Apple : in-no-ver !

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