Le sujet éco du jour, ce sont les pays émergents, et notamment les fameux BRIC pour lesquels 2015 aura marqué un coup d’arrêt. Souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps, les rêves les plus fous sur une croissance mondiale, sans limite ou presque, se résumaient en quatre lettres : BRIC pour Brésil, Russie, Inde et Chine. Alors que 2015 touche à sa fin, force est de reconnaître que plusieurs de ces acteurs majeurs du business mondialisé ont subi une fameuse douche froide. La Chine ralentit, la Russie est en récession, quant au Brésil, c’est la chute sans fin. Seule l’Inde s’en tire mieux. Certes, les émergents représentent encore 75 % de la croissance mondiale. Mais leur donne change et la planète du business doit s’y adapter.

Qu’est-ce qui au fond à changé pour ces économies ? Nombre de pays émergents ont vu ralentir, voire s’arrêter certains des principaux moteurs qui les propulsaient sur la voie de la croissance ultra-rapide. Pour le Brésil et la Russie, exportateurs d’hydrocarbures, les prix très bas des matières premières ont eu un effet redoutable, comme du reste sur le Nigeria, le Venezuela ou l’Arabie saoudite. Pour la Chine, on sait ce qu’il en est du ralentissement des exportations. Et puis il y a le paramètre de la politique monétaire américaine. La Fed, en décembre, a décidé un relèvement progressif de ses taux d’intérêts. Il aura forcément un impact mondial sur les politiques de taux d’intérêts des différentes banques centrales, mais l’impact différera selon la situation des pays, notamment leur inflation et leur déficit fiscal.

Avec tout cela, quels pays devraient le mieux tirer leur épingle du jeu ? Il est toujours difficile de se livrer à des pronostics. Mais de toute évidence les pays les moins dépendants du marché des matières premières seront favorisés. L’inde est dans ce cas et devrait continuer de faire la course en tête, de même en Asie, que l’Indonésie, les Philippines ou encore le Vietnam. En Amérique latine, on ne voit guère s‘améliorer les choses pour le Brésil, où au marasme économique s’ajoute un vrai risque politique. En revanche, c’est l’arc hispanophone allant du Mexique à la Colombie et au Chili apparaît de plus en plus comme l’endroit où se joue l’avenir du continent. Enfin, plus près de nous, la Pologne a beaucoup d’atouts. De même, par ailleurs, que la Turquie. Mais pour cette dernière, l’économie dépend aussi d’un facteur géopolitique dont je n’ai pas besoin de vous rappeler la complexité.

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