Pierre Cardin ne limitait pas son génie créatif à la haute couture. Ce dixième enfant d’un couple d’Italiens réfugiés en France pour échapper au fascisme est vite sorti de l’atelier. Il a fait passer la mode de l’artisanat à l’industrie et au commerce.

A la fin des années 1950, il a été le premier styliste à présenter une collection homme

Le premier aussi à lancer une collection de vêtements prêt-à-porter, vendus non pas dans une petite boutique mais un grand magasin, Le Printemps. Cardin aimait se définir comme le socialiste de la mode car il en démocratisait l’accès, au grand dam de ses concurrents.

Et c’est comme ça qu’il a réussi. D'ailleurs nombre de ses rivaux ont fini par lui emboîter le pas. Mais il a gagné vraiment de l’argent en allant au-delà, en louant sa marque à d’autres produits moyennant des royalties. On a vu fleurir son logo sur tout et n’importe quoi : cravates, serviettes de toilette, pot à crayons, porte-clés et même des meubles. Le nombre de ces licences a atteint à un moment 800, et il en resterait aujourd’hui plus de 300. C’est ainsi que Pierre Cardin est devenu richissime, qu’il a pu s’acheter de l’Art Nouveau, et le restaurant Maxim’s, et un palais à Venise, et le château en ruines du marquis de Sade, dans le Lubéron, qu’il a réhabilité à grands frais.

Sa réussite est donc complète ?

Pas totalement... Depuis une décennie, il tentait en vain de vendre son entreprise pour 1 milliard d’euros. C’est donc qu’il y avait un problème. Au-delà de la difficulté à savoir ce qu’il y avait vraiment dans son empire, il y avait aussi une marque qui s’était diluée à force d’avoir été surexploitée. Aujourd’hui, les marques de luxe ont plutôt tendance à resserrer leur offre pour afficher une forte identité. Pierre Cardin était un grand entrepreneur d’une époque révolue.

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