Hier, le père des réformes sociales allemandes, Peter Hartz, était à Paris. Dominique Seux l'a rencontré. Alors que les chiffres français du chômage sont mauvais, y a-t-il des idées à prendre en Allemagne ?

françois hollande a rencontré peter hartz, père des réformes allemandes du marché du travail
françois hollande a rencontré peter hartz, père des réformes allemandes du marché du travail © reuters
Oui, Peter Hartz est un homme dont on a parlé ces derniers jours parce qu’il est passé voir François Hollande à l’Elysée. Un rendez-vous banal mais un fantasme a couru la ville : la prochaine étape du discours hollandais, est-ce que ce sont les réformes sociales allemandes ? Des réformes qui depuis dix ans ont eu deux effets : une division par deux du chômage et une explosion des petits boulots ou du travail mal payé. Peter Hartz est un homme paradoxal : DRH du groupe Volkswagen, il avait stoppé net des licenciements et choisi plutôt la semaine de quatre jours ; puis il a conseillé le chancelier social-démocrate Gerhardt Schröder à la tête d’une commission multi-partisane fonctionnant à l’unanimité. Les quatre lois qui portent son nom ont changé le visage de l’Allemagne. Puis, il a été condamné pour corruption. Pour revenir à votre question sur la France ...**... ça, c’est une bonne idée !** Ne vous impatientez pas. La réponse est : non. Non, la France n’a pas de raison d’importer telles quelles les réformes Hartz, chaque pays a ses spécificités, le dialogue social n’est pas le même, la démographie et l’économie non plus. Exemple : en Allemagne, les services sont considérés comme ... au service de la reine industrie. Le mot est abusif, mais c’est presque une sous-économie. En France, au contraire, le secteur des services, assurances, banques, grand commerce, c’est presque l’aristocratie – là encore c’est une image. Bref, les lois Hartz sont allemandes pour des Allemands. Mais voilà, cela n’interdit pas de regarder ce qui a marché et de se poser une question presque philosophique, peut-être la seule qui vaille : qu’est ce qui est pire, avoir un travail partiel, mal payé, insatisfaisant, ou ne pas avoir de travail du tout ? La plus grande des inégalités, est-ce ces emplois-là ou ne pas avoir d’emploi du tout ? Hartz et l’Allemagne ont répondu : le pire, c’est le chômage. D’où les mini-jobs, les contrats à temps réduit à 450 euros par mois, la baisse des allocations chômage. Et maintenant que le plein emploi est revenu, la société allemande décide de remonter les salaires, de créer un Smic – en dessous du nôtre.**Vous dites : il faut au moins ouvrir ce débat ?** Exactement. Dans ce domaine du marché du travail, le nombre de débats interdits est stupéfiant. Les allocations-chômage y compris les plus élevées ? Interdit ! La complexité des règles sociales et des procédures ? Interdit ! Les effets de seuil qui font que les patrons font tout pour avoir moins de dix ou de cinquante salariés ? Interdit ! Le coût du travail ? Longtemps interdit ! Les prud’hommes qui donnent la plupart du temps raison au salarié ? Débat interdit ! En réalité, beaucoup de choses pourraient bouger sans casser les acquis sociaux qui doivent être préservés. Au total, ne copions pas l’Allemagne. Mais soignons nos deux maladies que sont peut-être : la peur et la paresse intellectuelle. Cela étant, je le dis avec prudence, je ne suis qu’éditorialiste ! **► ► ► LIRE | [ ](http://www.franceinter.fr/depeche-hollande-a-rencontre-le-pere-des-reformes-allemandes-du-travail)** [Hollande a rencontré le père des réformes allemandes du travail](http://www.franceinter.fr/depeche-hollande-a-rencontre-le-pere-des-reformes-allemandes-du-travail) ## Les liens [Le blog de Dominique Seux](http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/dominique-seux-r59.html)
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