Les Français ont le moral au plus haut depuis dix ans. Et vous vous demandez pourquoi.

Oui, c’est l’Insee qui nous apprend cela et c’est vrai que c’est intriguant. Chaque mois, les Français sont interrogés sur ce qu’ils pensent du chômage, de l’évolution de leur niveau de vie, de leur l’épargne, de l’évolution des prix. Cet indicateur est extrêmement ancien, les premiers résultats datent de 1972 - donc il y a pas loin de 50 ans. Et effectivement, en ce mois de janvier, notre moral collectif a retrouvé le niveau d’il y a dix ans, en 2007. Il monte de façon régulière depuis trois ans, mais là on atteint un seuil intéressant et quand l’Insee questionne les chefs d’entreprise, la tendance est la même. Pourquoi est-ce curieux ? Parce que la situation ne s’est pas spectaculairement améliorée ces derniers mois. Le taux de chômage reste élevé, la croissance -on le saura demain- n’a pas été franchement supérieure à 1% l’an dernier. Et les incertitudes liées au Brexit, à Donald Trump, à la légère remontée des taux d’intérêt et du prix du pétrole, tout cela devrait inquiéter plutôt que rassurer.

Et donc, vous avez une explication ?

Il y en a deux je crois. La première est que, tout simplement, malgré tout, cela va mieux sur le plan économique. Une croissance de 1%, c’est mieux que pas de croissance du tout. Une tendance à la baisse pour le chômage, c’est mieux qu’à la hausse. D’une certaine manière, les Français veulent refermer la parenthèse ouverte par la crise financière en 2007-2008. Même si savoir si toute nouvelle crise est exclue est une autre histoire parce qu’il y en a une à peu près tous les dix ans. La seconde explication est directement liée à la politique. Les Français sont en train de réorganiser la vie politique et la présidentielle. Et il est possible que cela les réjouisse intensément. Avec la sortie du jeu d’Alain Juppé, de Nicolas Sarkozy, de François Hollande, de Manuel Valls, d’Arnaud Montebourg, de Cécile Duflot, par le biais des primaires, c’est un grand renouvellement qui est à l’œuvre. Au lieu de les désespérer, la politique les passionne, surtout quand les sondages, les favoris et les médias sont démentis. Au fond, chacun sent qu’une nouvelle période arrive, qui sera quoi -qu’il se passe- une période de rupture. Et cela diffuse de l’énergie économique.

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