Une question simple ce matin : à qui les Français font-ils le plus et le moins confiance?

Les Echospublient les résultats de l’enquête annuelle du Cevipof, de Sciences Po Paris, sur l’état d’esprit des Français. Le résultat est, reste, un océan de défiance et d’abord sur la politique - et ce que l’on vient d’entendre sur la proximité entre un Robert Bourgi et des responsables de premier plan explique pourquoi. 

Mais l’intérêt de ce sondage est aussi de hiérarchiser leurs affections et leurs détestations. Alors ? Les deux entités (je n’ai pas trouvé d’autre mot) en lesquelles les Français ont le plus confiance sont les hôpitaux et les PME -numéros uns ex aequo : 76 % de confiance, c’est très haut. La santé et le travail, dans les deux cas la proximité. Puis viennent, l’armée, la police ; un peu plus bas l’école, puis encore en descendant (entre autres) les grandes entreprises. 

Que trouve-t-on au cul du classement ? Les syndicats (27%), les banques, les médias et -bon bon dernier- les partis politiques (9 % d’adhésion). Si on regarde maintenant l’évolution sur presque dix ans puisque c’est la 10ème enquête du Cevipof, quelles évolutions frappent ? La police a gagné dix points de confiance (la montée a commencé avant les attentats de Charlie), tandis que les syndicats en ont perdu neuf. 

Quelles conclusions en tirer ?

C’est là que cela se corse et qu’il faut se méfier des conclusions évidentes. Quand on voit la confiance maximale pour les hôpitaux, les PME, l’armée et la police ; et la confiance minimale pour les syndicats, les médias et les partis politiques, une interprétation est possible, est classique : les Français récompensent ce qui leur paraît utile et les rassurent et ils vilipendent ce sur quoi ils ont des doutes. Et nous voilà partis sur des questionnements sur le rôle et la désaffection pour les corps intermédiaires.

Mais une autre lecture est possible. Ceux qui sont aimés sont ceux qui parlent finalement peu, qui se protègent du regard public, et ceux qui sont critiqués sont ceux qui sont au coeur du débat public et l’animent. Ils sont donc auscultés, et à risques. Quelle est la juste analyse ? Grandeur et misère des statistiques. Mais les syndicats, les partis et les médias n'ont pas forcément raison de se battre  la poitrine matin midi et soir en s'excusant d'être là.

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