François Fillon sort d'un silence médiatique de trois ans, avant son procès. la thérapie économique de choc que proposait le candidat de la droite fait apparaître Emmanuel Macron comme un président modéré !

Et si François Fillon avait été Président ?
Et si François Fillon avait été Président ? © AFP / ERIC FEFERBERG

On s’amuse à poser la question parce que l’ex-candidat à la présidentielle de la droite sort ce soir d’un silence médiatique de trois ans : il le fera sur France 2 face à Léa Salamé et Thomas Sotto. Cette prise de parole, qui a lieu trois semaines avant son procès pour détournements de fonds publics, ravive des souvenirs : bien sûr celui d’une campagne électorale de 2017 hors normes, mais aussi celui d’un programme radical - en tous cas à nos yeux français. 

Age légal de la retraite remonté à 65 ans, suppression de 500.000 postes de fonctionnaires, durée hebdomadaire du travail revenant à 39 heures, suppression totale de l’ISF, deux points de TVA en plus. Bigre !

La priorité était le rétablissement des comptes publics et de soutenir les entreprises pour dégripper la décroissance. 

Le vainqueur de la primaire avait certes renoncé à réserver l’assurance-maladie aux maladies graves, mais c’est un projet thatchérien, du sang et des larmes, a-t-on beaucoup entendu à l’époque. On avait dit à ce micro combien ce projet paraissait en réalité irréaliste. 

Du coup, par comparaison, la politique d’Emmanuel Macron paraît soft, y compris sur la retraite et la suppression de l’ISF – puisqu’il n’a été supprimé qu’à moitié. Les déficits publics ont diminué mais auraient-ils diminué davantage ?

Alors, que se serait-il passé avec cette thérapie choc ? 

Difficile à dire, mais on peut hasarder des hypothèses. La hausse de la TVA aurait eu un effet négatif sur la croissance, et il y aurait eu une mobilisation sociale énorme contre les projets sur la retraite et le nombre de fonctionnaires. En revanche, il n’y aurait pas eu de mouvement des Gilets Jaunes parce que François Fillon, responsable politique national depuis 1981, n’aurait pas institué en même temps les 80 km/h, la hausse des taxes sur les carburants et le durcissement du contrôle technique, en tous cas pas dans ces conditions. 

Mais aurait-il appliqué son projet ? 

La réponse est non, pas entièrement. J’ai passé des coups de téléphone à son ancienne équipe de campagne et dès ce moment-là du printemps 2017, l’idée était, si l’élection était gagnée, de remonter l’âge légal de la retraite à 64 et non 65 ans. 

De ne pas diminuer d’un demi-million le nombre de fonctionnaires, mais nettement moins. 

Il n’y aura jamais de confirmation officielle bien sûr, mais cela pose une question toute simple et la réponse est dans la question : n’y avait-il pas là aussi un problème de sincérité ?

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