L’édito éco de Dominique Seux, des Echos. Le groupe PSA Peugeot Citroën a publié hier ses résultats pour les six derniers mois. Oui et ils ne sont pas bons du tout. Le chiffre à retenir ce matin, c’est l’argent perdu par le groupe au premier semestre. La perte s’élève à quasiment un milliard d’euros, qui s’ajoutent à celle de près de 1,1 milliards pour les six derniers mois de 2008. Ce sont des records. Inutile de revenir longuement sur les causes de ce dérapage, qui concerne aussi Renault- Nissan, qui va publier ses propres résultats dans un gros quart d’heure. Les ventes de voitures ont baissé, PSA a écoulé un million cinquante-huit mille véhicules au cours des six derniers mois, soit un recul de 14%. Du coup, le groupe a donné la priorité à l’allégement de ses stocks et la production a plongé. Et du coup, il a serré ses effectifs au maximum, le nombre de salariés a baissé de 11.000 en six mois. Voilà pour les faits bruts Le bout du tunnel est-il pour bientôt ? Il y a deux points de vue. Hier, la bourse a fait flamber le titre PSA de 11%. Elle estime que le point bas est touché, et elle a salué le niveau de trésorerie de l’entreprise, qui écarte le risque de faillite. Le patron du groupe, Philippe Varin, le premier concerné, aimerait avoir ces lunettes-là, mais ce n’est pas le cas. Lui n’attend pas le début de la reprise avant « la fin 2010 », dans plus d’un an. Et il sait que l’horizon est flou parce que les constructeurs font face à des évolutions profondes de la demande, difficiles à cerner. Les clients veulent des voitures plus économiques, plus écologiques, mais c’est un peu vague. Philippe Varin sait aussi que PSA a des handicaps, le groupe n’est pas mondial, il vend les deux tiers de ses voitures en Europe, pas là où çà se passe pour dire les choses simplement. Et puis, il y a aussi la fin de la prime à la casse … Qui aura lieu sans doute un peu au-delà de décembre. Une fois que les primes qui existent en France, en Allemagne où elle est encore plus élevée, auront disparu, le risque, c’est le plongeon. Et peut-être pour un certain temps puisque le parc se sera renouvelé. Au total, tout cela fait beaucoup d’incertitudes et donc de décisions stratégiques à prendre. Et c’est, en fait, le point qui me semble marquant dans la période actuelle de bouleversements, de récession, de modification du paysage économique mondial. Ce point, si on prend un peu de recul, c’est la complexité des décisions à prendre par les dirigeants d’entreprise. Il y a des choix lourds à faire, qui engagent des millions, des dizaines, des centaines de millions ou des milliards d’euros. Vous n’allez pas les plaindre !? Non ! Mais simplement rappeler ce qui pèse sur les épaules des patrons de PME ou de grandes entreprises : des arbitrages pas faciles. Quand on est patron dans l’automobile, faut-il miser sur la voiture électrique, l’hybride, l’amélioration des moteurs classiques pour qu’ils polluent moins ? Dans l’aérien, faut-il, comme EasyJet et Ryanair jouer les bas prix ou le service comme Air France ? Dans la pharmacie, on a eu les – bons – résultats de Sanofi hier, où investir ? Dans la sidérurgie, à quel moment la demande d’acier va repartir ? Faut-il investir, pas investir ? A la fin, il y a des bons choix et des mauvais choix. Les chefs d’entreprise sont critiqués, sur le plan de l’emploi, sur les rémunérations, pas toujours à tort sans doute. Mais leur métier n’est pas le plus facile.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.