L’édito éco de Dominique Seux. Ce matin, vous nous parlez des hôpitaux et, plus précisément, des restructurations hospitalières. L’Inspection générale des affaires sociales vient d’en publier un bilan et il y a une surprise.

Un 30 juillet à l’aube, le mot « restructurations hospitalières » peut faire peur ! Vous allez voir, le sujet nous concerne tous. Les hôpitaux sont dans l’actualité. D’abord parce que leur situation financière est fragile, avec des dettes élevées et des banques qui ne leur prêtent plus beaucoup d’argent. Ils ont beaucoup investi ces dernières années, et les recettes n’ont pas suivi. La sonnette d’alarme vient d’être tirée par la Fédération hospitalière de France. Une autre raison pour laquelle on parle des hôpitaux est que le gouvernement va diriger de l’argent du fameux Grand emprunt lancé par Nicolas Sarkozy vers ces hôpitaux pour les aider. Enfin, troisième raison, voilà, l’Inspection générale des affaires sociales fait le point sur les regroupements hospitaliers. La surprise est que ce bilan, pour l’IGAS, n’est globalement pas terrible.

Pourquoi ?

L’idée des fusions- regroupements, sujet autant politique qu’économique parce qu’il y a parfois des disparitions d’hôpitaux de petites villes à la clé, (l’idée) est que la qualité des soins et la rentabilité sont liés à la taille. Plus il y a de personnels soignants, de lits, d’opérations, meilleurs ils sont. Une structure n’effectuant que 50 opérations par an perd (si on peut dire) la main. Et plus c’est grand, plus il y a d’économies d’échelle. Eh bien, pour l’Igas, erreur : le lien n’est pas automatique. Un bon management interne est souvent plus pertinent pour réduire les dépenses que des fusions difficiles. La conclusion est que les fusions devraient rester rares. Cela va ravir les élus et les habitants des petites villes qui se battent depuis des années contre les restructurations hospitalières !

Quelques exemples ?

Dans certains cas, les restructurations ont été un succès. L’IGAS cite la fusion gagnant-gagnant des établissements d’Aix-les-Bains et de Chambéry, avec une nouvelle répartition des activités. Les deux villes ne sont qu’à une demi-heure de route. Autre réussite, plus générale, ce qui a été fait dans une spécialité, l’obstétrique – les accouchements. En trente ans, le nombre de maternités est passé de presque 1.400 à environ 550 alors que le nombre de naissances est resté aux alentours de 800.000 par an. Dans le même temps, la mortalité néonatale a chuté. Il ne reste plus que 13 maternités effectuant moins de 500 accouchements par an.

Mais il y a des échecs et des grandes difficultés…

Il y a des fusions ratées, quand le temps de trajet entre deux établissements fusionnés est trop grand, comme dans la Drome entre l’hôpital de Romans et celui de Valence : 50 minutes aux heures de pointe ! Autre cas d’échec, quand on fusionne deux déficits financiers : les centres hospitaliers d’Alençon (Orne) et de Mamers (Sarthe). Plus largement, les restructurations sont difficiles en chirurgie parce que la diversité des spécialités ne facilite pas les mises en commun. Mais l’IGAS, là, en dépit des difficultés, pousse à la roue. Quand un bloc opératoire n’est pas utilisé au moins une nuit sur deux, il n’est pas indispensable de le maintenir. En 2010, le gouvernement Fillon avait proposé un seuil d’activité minimale de 1.500 opérations par an, mais il avait dû reculer en rase campagne.

Dernier point : ce rapport n’a pas fait l’objet de beaucoup de publicité …

Non ! Il a été bouclé en mars, mais sagement gardé sous cloche jusqu’à la présidentielle, et, donc, publié discrètement sur le site Internet de l’Igas ce mois-ci ! Attention, sujet qui fait vite monter la température !

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