Rien ne va plus entre la SNCF et RTE, le gestionnaire du réseau électrique.Guillaume Pepy, le patron de la SNCF a passé tout le weekend à accuser François Brottes son homologue de RTE d’être le seul et unique responsable après l’incendie d’un transformateur électrique vendredi.

Un opérateur SNCF informe les clients de la gare Montparnasse à Paris le 28 juillet 2018
Un opérateur SNCF informe les clients de la gare Montparnasse à Paris le 28 juillet 2018 © AFP / Bertrand Guay

Un incendie qui a privé de train des centaines de milliers de voyageurs.  Car, pour une fois, on a envie de dire, ce n’est pas la faute de la SNCF ! Guillaume Pepy l’a crié dans tous les médias : « Nous n’avons aucune responsabilité ! ». Il a d’ailleurs déjà réclamé une indemnisation à RTE. 

Et cela a payé puisque c’est la SNCF qui a gagné la guerre de la communication

Les Français ont bien compris que la SNCF n’était pas à l’origine du problème et que RTE était en tort. Mieux encore, grâce à ses invectives, la SNCF a même poussé RTE à accélérer dans les réparations.   Après avoir annoncé un retour à la normale pour jeudi, RTE a finalement promis un rétablissement de l’alimentation mardi au plus tard.

Il faut dire qu’en matière de communication de crise, la SNCF a l’habitude. Il y a tout juste un an déjà, elle affrontait une gigantesque panne. Les équipes sont désormais rodées. Pas comme chez RTE, une entreprise totalement inconnue du grand public, qui vit dans l’ombre de sa maison-mère : EDF. Peu de gens connaissent François Brottes alors que Guillaume Pepy est l’un des clients favoris des médias.

Si pour lui il était crucial de faire comprendre qui est en cause dans cette histoire, c'est parce qu'elle tombe au plus mal : le chassé-croisé des vacances, c’est l’un des plus gros weekends de l’année pour la SNCF. Qui sort en plus de 37 jours de grève ce qui lui a coûté près de 800 millions d’euros.

Aujourd’hui Guillaume Pepy a les yeux rivés sur le compteur des réservations. Mais pour l’instant, les Français ne sanctionnent pas la SNCF : les réservations de juillet sont supérieures à l’an dernier. En fait, les Français ont une relation très ambigüe à la SNCF: ils la détestent mais en même temps quand elle fait des efforts, ils n’ont pas le choix, et ils reprennent le train.

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