Les Echos publient ce matin une longue interview de François Hollande dans laquelle il évoque, bien sûr, le Brexit et 2017, mais aussi les questions fiscales.

Il est intéressant de constater que les impôts seront restés, tout au long du quinquennat, ce qu’on appelle dans un opéra un leitmotiv wagnérien. Un thème qui revient sans cesse mais dans de multiples combinaisons. Du début à la fin, on en aura parlé, à la fois parce que c’est le levier le plus évident de la politique économique et aussi parce que François Hollande, cela se sent, adore ça – son œil frise. Là, le président annonce de nouvelles mesures pour le budget 2017. Il y aura un allègement de l'impôt sur le revenu de deux milliards pour les classes moyennes. S'agissant des entreprises, l'enveloppe du Pacte de responsabilité qu'il restait à affecter musclera encore le crédit d'impôt compétitivité emploi et baissera l'impôt sur les sociétés des PME, pour un total de 5 milliards. Les artisans auront leur coup de pouce et le président n'exclut pas des mesures fiscales pour aider la place financière de Paris à être plus attractive après le Brexit.

Le bilan fiscal du quinquennat est désormais facile à faire.

On a beaucoup commenté l'alourdissement historique des prélèvements. Et on peut ! Mais au-delà si on cherche les grandes lignes, ce n'est pas du flou que l'on voit. Pour les ménages, le quinquennat s'est traduit par une concentration des impôts sur les revenus les plus élevés. Les plus aisés payent globalement plus d'impôts, tandis que le nombre de contribuables payant l'impôt sur le revenu a reculé. Donc, une politique de gauche. S'agissant des entreprises, l'effort en leur faveur a été massif après il est vrai beaucoup de coups sur la tête au début. Est-ce vraiment une politique de droite ? Quant à elle, la retenue à la source restera comme une réforme structurelle (quoi qu'on en pense).

Tout cela pour quels effets ?

Le taux de marge des entreprises a retrouvé son niveau d'avant crise, cela est indiscutable. Quant aux ménages, l'Insee a publié mardi une note qui montre qu'en 2011 le niveau de vie des 20 % des Français les plus aisés était 4,6 fois plus élevé que celui des 20 % les moins aisés. En 2013, cet écart est passé à 4,3 -on peut supposer qu'ensuite, avec le plafonnement des allocations familiales, l'échelle s'est encore resserrée. Toutes ces décisions sont discutables, mais il assez « gagesque » que ce président-là soit accusé d'avoir, sur le terrain des impôts, trahi son camp.

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