Emmnanuel Macron a validé les idées de la convention climat sur la voiture : il y a bien autre chose que le 110 km/h. Il n'est pas acquis que le gouvernement, dans le détail, suive les "150".

Le secteur automobile va-t-il devoir prendre un virage vert obligé ?
Le secteur automobile va-t-il devoir prendre un virage vert obligé ? © Getty / Suriyo Hmun Kaew / EyeEm

Une seule proposition de la convention climat a fait parler d’elle : les 110 km/h sur autoroute, d’ailleurs écartés. Mais en réalité, sur ce sujet, les « 150 » comme on dit ont proposé d’autres idées qu’Emmanuel Macron s’est engagé à transmettre au Parlement, pas forcément à soutenir. Lesquelles ? 

  • Une première veut interdire dès 2025 (dans cinq ans, c’est demain) la vente de véhicules neufs émettant plus de 110 grammes de CO2 par km. Ce n’est pas un détail : plus de la moitié des voitures vendues en France dépasse actuellement ce seuil et les émissions moyennes des gammes de Dacia, Opel, Fiat, Mercedes, Volkswagen et Ford étaient au-dessus l’an dernier. C’est bien plus ambitieux que ce qu’a prévu l’Europe et la bataille sera rude, vous imaginez l’impact industriel. 
  • Comme la bataille sera rude sur une autre idée de la convention : une très forte hausse du malus dès 2021 sur les véhicules les plus polluants, là encore à partir de 110 grammes. Conséquence concrète : cela renchérirait de 1 000 euros dès l’an prochain les voitures de moyenne gamme, sauf pour les familles nombreuses. 
  • Enfin, le malus tiendrait aussi compte du poids des voitures, pour renchérir le coût des SUV. Il faut se souvenir que le gouvernement avait bloqué un amendement en ce sens à l’automne dernier, que fera-t-il cet été ? On verra. 
  • En sens inverse, la convention sur le climat demande un relèvement substantiel du bonus pour l’achat d’une voiture électrique, qu’elle veut voir passer à 9 000 euros. 

Bref, les discussions ne font que commencer avec les constructeurs qui vont mettre en avant la très grave crise qu’ils traversent. 

Quelle conclusion en tirer ?

  • Un : que contrairement à ce qui est souvent dit, la convention a cherché à changer les comportements par les interdictions et les normes mais aussi par les prix et les taxes. 
  • Deux : que les constructeurs vont se battre parce que les SUV sont les seuls véhicules à leur assurer des marges plus confortables. 
  • Trois : que le Diable sur ces sujets se cache dans les détails : le gouvernement a, par exemple, passé discrètement le message aux constructeurs d’arrêter d’augmenter l’autonomie des voitures électriques mais de commencer à baisser les prix de ces véhicules. 

Au total, entre les promesses d’Emmanuel Macron d’hier et ce qui changera vraiment dans la vie des automobilistes, parions qu’il va se passer pas mal de choses.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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