L’euro, les Européens ne l’aiment pas, mais ne veulent pas le quitter.

Tu l’aimes ou tu le quittes ! Eh bien, sur l’euro, ce n’est pas ce que veulent les Européens. Ils disent autre chose. Ils disent : nous ne l’aimons pas, mais nous voulons quand même le garder. C’est le résultat d’un sondage intéressant auprès de presque 10.000 Européens de huit pays. Publié hier, il a été réalisé pour le compte d’un institut de recherche de Washington. C’est intéressant parce que nous suivons tous les jours la crise grecque, les crises irlandaise, italienne, portugaise et maintenant espagnole - avec le refus obstiné de Madrid d’être aidé par l’Europe, qui fait courir le risque d’un domino sur toutes les banques. Bref, nous entendons les gouvernements, Bruxelles, les marchés, des manifestants. Mais finalement, peu les Européens dans leur ensemble.

Et donc, que pensent-ils ?

La déception vis-à-vis de l’euro est immense. Moins d’un Allemand, d’un Français, d’un Espagnol, d’un Italien et d’un Grec sur deux pense que la monnaie unique est une bonne chose. Et vous allez sourire un instant, c’est en Allemagne et en Grèce que les habitants aiment le plus (relativement) l’euro - avec environ 45% d’avis favorables. En France, c’est seulement 31% ! Les Européens voient ce qui saute aux yeux : l’euro n’a pas tenu ses promesses. Pourquoi plait-il un peu plus aux Allemands ? Parce que leur économie va bien ; Pourquoi un peu plus aussi aux Grecs ? Parce qu’il a dopé leur niveau de vie. Cette déception sur l’euro est compréhensible : l’euro devait agir comme une force centripète sur les économies, rapprocher le Nord et le Sud, il a été une force centrifuge.

Mais les Européens veulent néanmoins le garder…

Oui, ils ont voient que le retour aux monnaies nationales serait pire que tout, signerait un échec historique. Les Français à 69%, les Allemands à 66% et les Grecs à 71% - un record ! - veulent conserver l’euro malgré les troubles financiers. Le retour à la drachme ne tente qu’un peu plus d’un grec sur cinq. Dotés de l’arme de la dissuasion du faible au fort, les Héllènes entendent bien rester dans la zone euro tout en en renégociant les conditions. On verra le 17 juin ce qu’il en est.

17 juin, date de leurs élections … Quoi d’autre dans cette vaste enquête ?

En vrac : l’Allemagne est le pays le plus admiré d’Europe et Angela Merkel la dirigeante la plus respectée ; sans surprise, la Grèce est à l’opposé. Ensuite, les clichés ont la vie dure : aux yeux des Européens, les Allemands travaillent le plus dur. Sur la paresse, les Allemands pensent aux Italiens, les Italiens aux Grecs et les Grecs aux Roumains. Cette enquête confirme au fond le drame de l’Europe : trop de différences (et pas seulement de langues) qui freinent la naissance d’un véritable sentiment européen. Quant à l’euro, c’est une chanson qui résume le mieux sa relation avec les Européens, une chanson de Cleet Boris (du groupe L'Affaire Louis Trio) : « Ni avec toi, ni sans toi ».

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