Ce matin : retour sur le drame grec.

On va évoquer une actualité qui s’est déroulée le 22 mai, et qui a concerné la Grèce. Il s’agit de la réunion des ministres de la zone euro qui a échoué à débloquer plus de 7 milliards d’euros d’aide à ce pays. On y revient parce qu’un site grec d’information (Euro2day) a mis la main sur le compte rendu détaillé de cette réunion entre ces ministres, le FMI et d’autres institutions et que ce récit -repris aussi par Le Monde- est passionnant. Et terrible parce que l’on voit le sort d’un pays qui dépend de l’argent extérieur, qui doit se plier à des contraintes et à des plans d’ajustement - on ne rouvrira pas maintenant, en deux minutes, l’éternel débat sur les causes initiales de la situation, la responsabilité de la Grèce, de l’Europe, de l’austérité etc.

Ce qui était en jeu le 22 mai, c’était donc le versement de ces 7 milliards. On voit, on entend, le ministre grec expliquer les réformes faites toutes ces dernières années (une centaine !), la Commission européenne dire « c’est vrai », mais les Allemands et le FMI se déchirer sur l’allègement de la dette grecque, un allègement dont le principe est normalement acquis depuis deux ans. On entend Wolfgang Schaüble, pour l’Allemagne, exiger que le FMI soit partie prenante du plan d’assistance, et le FMI qui pose comme préalable une restructuration de la dette grecque, restructuration dont Berlin ne veut pas. Bref, on tourne en rond et on se moque du monde.

Quelles leçons tirez-vous de cette lecture ?

  • Un : A l’évidence, les Grecs sont les otages d’un conflit qui les dépasse, entre le Nord de l’Europe et le FMI. Berlin a les élections allemandes en tête et ne veut pas se montrer faible vis-à-vis de son opinion publique.
  • Deux : cela fait sept ans qu’Athènes fait des réformes, le gouvernement Tsipras y compris, et il affiche un excédent budgétaire. Ne pas donner un espoir aux Grecs vers un allègement de la dette -on l’a souvent dit ici- est totalement contre-productif.
  • Trois : il est étrange que la discussion ait toujours lieu au niveau des ministres des Finances, sans que jamais les chefs d’Etat de la zone euro n’abordent ensemble, de façon politique, le sujet puisqu’ils ne se réunissent presque jamais. Ce devrait même un sujet pour un Parlement de la zone euro s’il y en avait un. En attendant, le spectacle offert n’est ni digne ni efficace.

Les documents sont à lire sur le compte twitter @dseux

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