Ce matin : le premier cafouillage du gouvernement en matière sociale.

Jusqu’à présent, il y avait eu des erreurs reconnues, comme sur l’annonce de la baisse des APL, et des débats internes tout à fait normaux. Mais la ligne du gouvernement était claire, on savait où il allait, sur la SNCF, les ordonnances travail, etc. Pas de couacs ou si peu. Cela changeait du quinquennat précédent. 

Eh bien, depuis 10 jours, nous avons sous les yeux, sur les aides sociales, le premier flottement du quinquennat, flottement qui augure mal du chantier difficile à ouvrir sur les dépenses publiques. Il y a des économies à faire sur les aides sociales à l’emploi, a d’abord dit Bruno Le Maire (ministre de l’Economie). Non, ont répondu Agnès Buzyn (pour la Santé) et Gérald Darmanin (aux comptes publics), qui évoquait -lui- une différence de sensibilité avec Le Maire. Et voilà qu’hier, Darmanin a changé de pied : il y a trop d’aides sociales. 

On n’y comprend plus rien. Est-ce la vieille politique ? Celle des ballons d’essai ? Celle de la concurrence entre ministres qui se poussent du col ? Le sujet de l’efficacité de la dépense publique, y compris sociale, celle de son ciblage (aide-t-elle ceux qui en ont le plus besoin ?), ce sujet est assez important pour qu’il ne soit pas épuisé par des petites phrases avant même d’ouvrir la réflexion.

D’autant plus que la prime d’activité est un mauvais sujet

Gérald Darmanin évoque des économies sur ce complément de revenu pour les travailleurs dont le revenu est inférieur à 1.500 euros nets pour un célibataire, complément en moyenne de 158 euros par mois. L’objectif, on le sait, est de donner un avantage significatif aux revenus du travail par rapport aux revenus sociaux et d’inciter à la reprise d’une activité. 

Deux millions et demi de foyers en bénéficient et si le coût du dispositif flambe (ce qui est vrai), c’est parce que ceux qui y ont droit le demandent et qu’il y a beaucoup de créations d’emplois -il serait paradoxal de le regretter. 

A-t-il été mal calibré ? Peut-être. Mais le plus étonnant est qu’Emmanuel Macron a martelé dans sa campagne qu’il augmenterait de 100 euros par mois le revenu des smicards, notamment grâce à cette allocation, c’est son fameux 13ème mois. 

Des économies sont possibles (par exemple sur l’articulation des aides sociales nationales et locales) mais l’Elysée et Matignon ont intérêt à lever vite le brouillard sur leurs intentions.

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