Des économistes établissent une relation entre le bonheur dans la vie et le vote à la présidentielle...

C’est l’École d’économie de Paris, sous la houlette de Daniel Cohen, qui va présenter aujourd’hui un travail dont l’objectif est rien moins que de construire une alternative au fameux PIB, le produit intérieur brut. Cette alternative, c’est le BIB, le bonheur intérieur brut. L’idée est connue : la croissance et l’économie ne résument pas la vie. Cet indicateur de Bib n’en est qu’à ses balbutiements, mais les économistes ont demandé à l’Insee et à d’autres organismes de mouliner des dizaines de données nouvelles pour savoir si les Français ont un sentiment de réussite, sont satisfaits du quartier où ils vivent, de l’évolution de ce quartier, s’ils trouvent un sens à leur vie etc. C’est plus sophistiqué que le moral économique des ménages. Le résultat, en cette période, est intéressant. Si vous voulez voter Macron au 1er tour, vous appartenez à la catégorie des Français la plus satisfaite de votre vie. Si c’est Fillon, vous êtes un peu moins satisfaits, si c’est Hamon encore un peu moins. Mais l’écart se creuse surtout ensuite. Si c’est Mélenchon, vous êtes moins heureux et les électeurs de Le Pen sont de loin les moins heureux. Oublions les noms, regardons les proximités partisanes : les électeurs proches du PS sont les plus contents ou les plus gâtés. Dans quel sens fonctionnent les causalités ? Vaste question !

Excusez-moi, mais cette étude n’invente-t-elle pas l’eau tiède ?

Cela peut donner cette impression, surtout si je vous indique que c’est dans le Nord de la France qu’il y a le moins de bonheur. C’est vrai, il y a du chômage, peu d’industries et on semble découvrir la lune. En réalité, pas tout à fait. Car ces travaux montrent que -et quantifient pourquoi- le vote Front National ne s’explique pas totalement par le niveau de revenu, le type d’emploi, etc. mais par la notion de bien-être et de mal-être. On retombe sur une grille d’analyse explicative du vote Trump. Il y a les raisons socio-économiques, mais aussi un mal-être sur des valeurs qui bougent trop vite, un environnement qui change, l’idée que c’était mieux avant, la crainte d’être bousculé -ce que l’on a appelé le mal-vivre du petit-blanc. Bref, Thomas, Charline, Patrick et Alexandra parlez-moi de votre bien-être et de votre satisfaction dans la vie et je vous dirai, avec l’École d’économie de Paris, pour qui vous votez.

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