A-t-on assez recours aux nouvelles technologies dans la lutte contre le covid-19 ? Non ! C'est possible de le faire tout en respectant les libertés individuelles. Mais tester sans tracker a peu de sens.

Faut-il utiliser la technologie pour lutter contre le coronavirus ?
Faut-il utiliser la technologie pour lutter contre le coronavirus ? © AFP / MICROGEN IMAGES / SCIENCE PHOTO LI / SMD / Science Photo Library

Utilise-t-on suffisamment la tech dans la lutte contre le virus ? C’est une vraie question quand on constate que le confinement, le lavage des mains et les masques sont les sujets dont nous parlons matin midi et soir alors qu’en janvier encore, on ne parlait que de Facebook et Amazon, de la 5G, bref du numérique. 

A quoi sert la technologie ? A rien donc ? 

On sait qu’en Asie et en Israël, elle est utilisée contre la pandémie. Ici, en France, l’histoire retiendra qu’elle a fait parler d’elle pour la première fois vendredi : grâce aux données d’Orange, on a appris que 1,2 million de personnes ont quitté l’Ile-de-France. Intéressant, mais on peut sans doute faire mieux. 

En fin de la semaine dernière, un premier pays européen, la Slovaquie, a passé une loi permettant aux autorités de santé de tracer les malades grâce à leurs téléphones portables. L’Allemagne s’apprêterait à lancer des tests.  

De quoi s’agit-il précisément ? 

Pendant le confinement, la géolocalisation peut (attention, je dis : elle peut techniquement, on ne dit pas que c’est vers ça que l’on va), la géolocalisation peut surveiller les rassemblements de trop de personnes, et la police y va. Dans une hypothèse extrême, on peut même vérifier que les gens restent chez eux quand ils sont malades et contagieux – c’est un bracelet électronique sanitaire. 

Bon en réalité, les experts réfléchissent surtout sur l’après-confinement. Là, on peut imaginer une application sur téléphone qui, quand vous tombez malade et que vous le signalez d’un clic, qui informerait par SMS les personnes avec qui vous êtes restées à moins de 2 mètres pendant un quart d’heure – que vous les avez peut-être contaminées. Cela fonctionnerait par Bluetooth.

Et les libertés ?

C’est bien sûr la question, à côté de celle de l’efficacité. Les débats porteront sur le consentement individuel ou le caractère obligatoire de ces dispositifs et sur leur durée. 

  • Les partisans de ce type de dispositif rappelleront que le port de ceinture de sécurité en voiture puis l’installation de radars ont d’abord été vus comme des intrusions insupportables dans la vie privée. 
  • Les opposants aux dispositifs, eux, auront peur d’un Etat Big Brother qui saurait tout de nos vies

Alors ? Alors en démocratie, on ne devrait pas avoir peur de la technologie si notre état de droit est solide.

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