**Votre journal publie ce matin les résultats d’une enquête sur les relations entre les salariés et leurs employeurs dans les secteurs privé et public.Les résultats vont inquiéter tous les dirigeants, en entreprise, haut fonctionnaires ou ministres. En période de crise, avec l’institut de sondage TNS Sofres et le cabinet de ressources humaines Altedia, nous avons voulu connaître le sentiment des salariés non pas sur le système économique en général mais sur leur propre employeur. Sur la mondialisation, le capitalisme etc., l’échantillon représentatif du secteur privé et de la fonction publique exprime la méfiance bien connue chez les Français. En revanche, la nouveauté, c’est qu’il y a désormais une cassure entre les salariés et leur propre employeur. Presque six salariés sur dix, dans le secteur privé comme dans le public, se disent « perdants » dans leur relation au travail. La même proportion exprime sa défiance vis-à-vis des responsables de son entreprise ou son administration. C’est une rupture. Que se passe-t-il dans les entreprises ?On dit souvent que les salariés n’aiment pas les entreprises en général mais qu’ils apprécient leur « boîte ». Ce n’est plus tout à fait vrai. Seulement un salarié du privé sur quatre – 42,7% – a confiance dans sa direction. L’ampleur des écarts de rémunérations est jugée sévèrement. Ce qui se passe, c’est que la crise, intervenue après des restructurations sans fin, des changements d’organisation – la fameuse organisation matricielle où chacun doit rendre des comptes à plusieurs responsables -, la crise a cristallisé un certain nombre de choses. Le pacte social interne aux entreprises est fêlé. Hormis le cas des petites entreprises, il y a un problème de sens qui touche aussi d’ailleurs les cadres supérieurs. Relance Nicolas : Qu’en est-il des fonctionnaires ? C’est pire ! Sur toutes les questions, leur moral est plus bas. 30% d’entre eux seulement ont confiance dans ceux qui les dirigent, nettement moins que dans le secteur privé. Autre enseignement, 30% seulement estiment justifiés les écarts entre leurs salaires et ceux de leurs chefs. Mais un chiffre résume tout : 12%, un sur dix, des fonctionnaires estiment avoir une relation de qualité avec leur administration, contre 29% dans le privé. Tout cela est lourd et montre que la réforme de l’Etat a du mal à passer. Quels enseignements tirer de tout cela ?Trois. Le premier est qu’il ne faut pas se tromper d’analyse. Cette enquête montre que le stress dont on parle beaucoup n’est pas la priorité des salariés, une majorité accepte leur niveau de stress. Le malaise profond, c’est la confiance. Le second est que les salariés ne rejettent pas le travail en soi ni leur supérieur immédiat, leur « n + 1 », ils aiment travailler, mais veulent une reconnaissance plus large. Le troisième est que les entreprises seront tentées de se dire que l’Etat qui les sermonne sans cesse ferait mieux de balayer devant sa porte. C’est vrai. Mais les milieux dirigeants auraient tort de nier ou de sous-estimer ce que cette enquête dit. ### liens

Les résultats de l'enquête**

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