Une question de toute simple ce matin : la France est-elle qualifiée pour accueillir la COP 21 ?

A question simple, réponse simple : oui, je crois que la France est qualifiée pour accueillir la COP 21. On ne parle pas ici de l'organisation de l'événement du Bourget mais de la situation vis-à-vis du sujet central de la conférence : le réchauffement climatique. Si on regarde, pour commencer, le niveau des émissions de CO2, où en est la France ? Elle émet 0,9 % des gaz à effet de serre de la planète, soit la même proportion que notre population dans la population mondiale. Pas plus. C'est une situation plus favorable que celles de la Chine, des Etats-Unis et de l'Allemagne – oui, de l'Allemagne qui émet deux fois de CO2 que notre pays. Alors, ce résultat s'explique pour de bonnes et de mauvaises raisons. Les mauvaises : beaucoup d'usines ont fermé en France et nous consommons beaucoup de choses venues de Chine par exemple. Les bonnes : l'importance exceptionnelle, ici, du nucléaire, qui est discuté pour d'autres raisons comme la sécurité et qui mérite de l'être pour cela, mais qui n'émet pas de carbone. Du côté négatif, le nucléaire a ralenti la marche de la France en direction des énergies renouvelables. La France doit encore diminuer beaucoup ses émissions -comme les autres pays.

Autre point : la France est-elle bien placée pour inciter les pays développés à transférer 100 milliards de dollars par an aux pays du Sud ?

Oui, là aussi. Cette enveloppe doit servir à atténuer le changement climatique dans ces pays (diminuer les émissions) et à adapter les pays au réchauffement qui est déjà de 1°C et sera d’au moins 2°C. La France va y consacrer cinq milliards par an. Elle est déjà un acteur important de l'aide internationale : le quatrième contributeur mondial pour l'aide publique au développement en volume. Cette fameuse enveloppe de 100 milliards dont on va énormément parler ces jours-ci doit, je crois, être comparée, au PIB mondial qui est de 75.000 milliards de dollars. On voit que l'objectif est assez faible au regard de la dette climatique du Nord. Et donc, pour toutes ces raisons, on souhaite bonne chance à la France.

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