Une étude internationale sur l’éducation a montré hier que les élèves français de CM1 sont très mauvais en maths et en sciences.

Selon une étude internationale sur l’éducation, les élèves français de CM1 sont très mauvais en maths et en sciences. Pourquoi ?
Selon une étude internationale sur l’éducation, les élèves français de CM1 sont très mauvais en maths et en sciences. Pourquoi ? © Getty / T.T.

Oui, cette étude TIMSS – c’est son nom - montre que les petits Français se rangent tout tout au fond de la classe dans ces matières scientifiques. Très très loin des élèves d’un certain nombre de pays asiatiques, et quasiment au dernier rang européen.

On en a parlé sur France Inter (ici par exemple).

Évidemment, la faiblesse en maths, c'est un gros problème quand la planète bascule dans le numérique. Alors, pourquoi ?

Le ministère de l’Éducation a donné une explication politique : la faute incombe aux programmes de 2008 du gouvernement Fillon, programmes qui ont été changés depuis. C’est court et facile. Difficile aussi de dire qu’il y a moins d’heures de cours de maths et de sciences qu’ailleurs : ce n’est pas vrai.

L’explication est autre : les enseignants du primaire viennent plus souvent de filières littéraires que scientifiques. On peut devenir professeur des écoles sans avoir suivi beaucoup de cours de maths, voire quasiment pas. Et du coup, la question –on arrive à l’angle économique- est de savoir pourquoi des scientifiques ne deviennent pas enseignants. Réponse : parce qu’ils savent qu’ils peuvent gagner bien mieux leur vie ailleurs en entreprise et que les rémunérations du premier degré restent faibles pour quelqu’un qui a fait des études supérieures : 2 000 euros pour démarrer*, 2 162 au bout de dix ans. Ce n’est pas attractif. La France a longtemps été dans les pays qui payent le moins ses enseignants du primaire.

Il faudrait remonter ces salaires ?

C’est en cours, mais pas forcément suffisamment.

Mais c’est l’éternelle question que l’on connaît bien de l’avantage donné en France au lycée et à des filières d’excellence (prépas, grandes écoles) par rapport au primaire. Choix politique, choix syndical, choix financier.

Alors, je sens que je vous surprends, donc je vais ajouter qu’il y a des économies possibles, avec plusieurs dizaines de milliers d’enseignants qui ne sont pas devant des classes, selon les études de Bercy. Et l’absence de vraie évaluation. Encore un autre point. Il est quand même paradoxal que cela soit dans les secteurs où l’Etat dépense le plus que l’on constate, l’éducation et la santé, le plus d’inégalités. Cela fonctionne mal !

Enfin, au total, le manque de scientifiques dans le système scolaire est d’autant plus regrettable que les maths sont la matière la moins discriminante socialement.

* rémunération de base d'un professeur agrégé. Cf barème de rémunération des enseignants du Ministère de l'Éducation

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