En Afrique, Emmanuel Macron a plaidé pour une maîtrise de la démographie sur le continent.

C’est intéressant parce que c’est une vieille question débattue : est-ce le sous-développement qui fait galoper la démographie ? Ou est-ce un nombre de naissances très élevé qui créé le sous-développement ? Mardi, Emmanuel Macron a eu un échange sur ce point, passé inaperçu, avec un étudiant burkinabé. Et il a choisi son camp. En juillet, au G20, il avait déjà pris la parole pour dire qu’avec 7 ou 8 enfants par femme, la lutte contre la pauvreté est difficile et que le contrôle des naissances doit être une priorité. Il avait ajouté, c’est « civilisationnel » et d’aucuns avaient crié au colonialisme. Mardi, il a regretté ce mot inapproprié mais a redit que l’Afrique devait trouver une solution à ce défi. 

Et en effet, le continent pèse 1,2 milliard d’habitants aujourd’hui, deux fois plus -deux fois- qu’il y a vingt-cinq ans et il va doubler encore d’ici 2050. Alors que l’Afrique subsaharienne affiche une belle croissance économique (2,6%), 40 % de sa population voit en réalité son revenu par tête diminuer. Bref, l’excès de fertilité ruine le développement, provoque l’émigration et le système éducatif ne suit pas. La moyenne est de 4,8 enfants par femme, avec un record au Niger (7,6). D’où des appels au contrôle des naissances.

Comme cela s’est fait en Chine ?

Pas forcément, parce que la Chine est un cas extrême, c’est une politique forcée. En revanche, ce que montre le cas chinois est qu’une maîtrise des naissances peut aller de pair avec une forte croissance. Il infirme les discours que l’on a longtemps entendu sur la nécessité d’avoir une population qui grandit beaucoup pour avoir davantage de puissance économique. Ce qui compte, c’est le revenu, le bien-être, par tête, individuel. 

L’Afrique subsaharienne est bien un mystère démographique dans la mesure où la croissance économique ne provoque pas, comme partout ailleurs, de recul de la fécondité. Emmanuel Macron, comme le démographe Henri Léridon, pousse la bonne porte quand il dit que la clé de la planification familiale est l’émancipation urgentissime des jeunes filles et des femmes, et leur éducation. En attendant, la démographie est une catastrophe pour l’Afrique – et indirectement et en second rang pour l’Europe.

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