L’édito éco de Dominique Seux, des Echos. Ce matin, un – ou plutôt deux – coups de gueule. Un qui concerne Jean-Luc Mélenchon, un qui concerne l’UMP.

Deux coups de gueule dans deux domaines totalement différents, l’un sur la façon dont le patron du Front de Gauche parle, justement, des patrons ; l’autre à propos de l’attitude de l’UMP sur le budget. On regarde beaucoup, actuellement, le comportement de l’exécutif, on entend beaucoup de critiques et de jugements sévères aussi, mais les autres partis politiques poussent parfois le bouchon trop loin. Et quand c’est le cas, il n’y aucune raison de ne pas le dire.

On commence donc avec Jean-Luc Mélenchon.

C’est sa déclaration, dimanche soir au cours de l’émission politique de France Inter, qui mérite un commentaire. Interrogé sur l’appel de 98 dirigeants des plus grandes entreprises françaises sur la compétitivité - appel lancé dans le JDD le matin même -, il les a qualifiés tout simplement de « bons à rien » qui « ne comprennent rien au fonctionnement de l’économie ». Il a défini les Pigeons, ces jeunes entrepreneurs, comme des « parasites financiers ». Il a franchi la ligne blanche – ou rouge si on veut.

Pourquoi ?

Jean-Luc Mélenchon a le droit de critiquer le lobbying et le comportement des entreprises. Il a le droit de juger que ses 16 années au Sénat, ses deux années comme ministre de l’enseignement professionnel et son mandat européen lui donnent une grosse expérience économique. Mais traiter de « bons à rien » des responsables économiques qui emploient plusieurs millions de salariés, c’est du populisme, c’est la technique bien connue du bouc-émissaire chère à Robespierre qu’il ite par ailleurs à tout-vat. Ce sont les mêmes mots que ceux du Front National. C’est indigne et nauséabond. On imagine s’il avait été élu député – ce qu’il n’est pas !

On continue, dans un autre registre, avec l’UMP.

On est là sur un sujet totalement différent - et moins, disons-le, lourd. Mais quand même. La première partie du Budget 2013, la partie fiscale, a été votée par les députés qui commencent aujourd’hui l’examen des dépenses. La droite a violemment critiqué le, je cite, coup de massue fiscale et l’insuffisance des économies dans les dépenses. Elle a remporté la bataille de la communication sur ce point. Mais elle a été incapable de dire ce qu’elle aurait fait, elle, si elle était restée au pouvoir.

C’est-à-dire ?

Pour ramener le déficit public à 3% du PIB, il aurait fallu trouver 30 milliards d’euros. Quels impôts aurait augmentés la droite ? On ne sait pas. Quelles économies ? Pas davantage. La poursuite du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite n’aurait pas suffi. La réduction des dotations aux collectivités locales non plus. Un ex-ministre du Budget en sourit en privé : « c’est plus facile quand on est dans l’opposition ». Cette dernière aurait été plus crédible si elle avait présenté, comme en Grande-Bretagne, un vrai contre-budget, précis, détaillé. En attendant, qui aurait dit que Jean-Luc Mélenchon et l’UMP pourraient être unis dans une chronique ?

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