Lorsqu’on est diplômé, on a plus de chances de trouver un emploi et d’être bien rémunéré. Mais ça, c’était avant…

Le diplôme "assurance tous risques", c’est un peu fini…
Le diplôme "assurance tous risques", c’est un peu fini… © Getty / Luis Alvarez

Oui, le diplôme "assurance tous risques", c’est un peu fini, d’après les économistes du Cereq. Ce centre de recherche public a publié il y a quelques jours une étude passionnante sur les trajectoires des jeunes qui entrent sur le marché du travail, que Guillaume de Calignon a dénichée pour vous.  

Le principe, c’est de prendre un quadra arrivé sur le marché du travail en 1998, et de regarder sept ans après ce qu’il est devenu. Puis on fait la même chose avec un jeune trentenaire, arrivé sur le marché en 2010. On compare les deux générations. Les uns ont connu la bulle Internet. Les autres ont vécu la crise des subprimes.  Conclusion : au bout de sept ans de carrière, le petit jeune à diplôme bac +5 gagne 12% de salaire en moins, par rapport au quadragénaire qui a commencé à travailler à une autre époque. Le trentenaire a aussi quasiment deux fois moins de chances d’être cadre. 

A quoi bon faire des études longues, me direz-vous ? 

Pour ne pas perdre encore plus de chances. Sans diplôme, le risque de se retrouver sans emploi a explosé d’une génération à l’autre. Sept ans après, il y a encore 44% de chômeurs chez les non-diplômés entrés en 2010.  

Qu’est-ce que ça dit sur notre société, cette dévalorisation du diplôme ? 

C’est un message terrible, à une époque où on ne jure que par la société de la connaissance, l’éducation de masse. Notre économie s’est mal adaptée aux nouveaux enjeux. En effet, les opportunités offertes par les entreprises ne sont pas suffisantes pour absorber les nouvelles cuvées de masters ou de doctorants. Trop de diplômés, pas assez de jobs d’envergure. 

La langueur qui frappe la croissance de notre pays depuis des années se traduit en fin de compte par des emplois perdus, des salaires moins généreux. Résultat, c’est la course à l’échalote. Pour qu’un diplôme ait de la valeur, il faut qu’il soit encore plus prestigieux.  Mais les diplômés se forgent aussi une nouvelle philosophie de la vie. Puisque l’entreprise a moins d’avantages à proposer qu’autrefois, les jeunes rêvent de créer leur emploi ou de voguer d’un employeur à l’autre. Une petite révolution qu’on commence tout juste à entrevoir.

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