L'édito de Dominqiue Seux ce matin : cette révolte sourde contre les institutions. Oui, parce qu'il y a des points communs entre le ras-le-bol fiscal et le ras-le-bol dominical qui s'exprime à propos de la législation sur le travail du dimanche ou de nuit. Les deux montrent que cette rentrée est atypique sur le plan social et politique. Septembre n'a pas été marqué par des grèves, des conflits classiques, des manifestations. Les tensions sociales s'expriment autrement, révèlent autre chose, une sorte de révolte contre la loi, contre ce qui vient d'en haut, contre l'autorité. On aurait tort de hausser les épaules parce que les trois exemples que l'on a sous les yeux ont une puissance symbolique forte.L'illustration de ce week-end : des magasins qui, avec l'appui de salariés, bravent la loi après leur condamnation judiciaire. La semaine dernière, ceux que l'on entendu, ce sont les salariés de Sephora qui veulent travailler la nuit. C'est inhabituel : le conflit n'oppose pas des syndicats à la direction d'une entreprise, mais des salariés qui disent non à l'absurdité d'une loi qui empêche l'activité économique sur les Champs-Elysées. Hier, Castorama et Leroy Merlin ont eux-aussi défié les juges en maintenant l'ouverture de leurs quatorze magasins franciliens et la France ne parle que de ça : le sens ou le non-sens de la loi. La désobéissance devient presque un acte de bravoure.Le ras-le-bol fiscal, autre expression de contestation… Le consentement à l'impôt est une des conditions de l’existence de l'Etat. Ce que manifestent le ras-le-bol fiscal, ces queues devant les centres des impôts, ces sondages, ces conversations que l'on entend partout, c'est une interrogation fondamentale sur le bien-fondé de l'augmentation d'impôts qui atteignent des niveaux record. Y a-t-il une contrepartie en termes de services rendus ? Les trois préoccupations principales des Français sont l'emploi, la sécurité et l'éducation or les résultats, dans chacun de ces trois domaines, sont discutés. De plus, comme le dit dans Le Monde d'hier l'historien Nicolas Delalande, les hausses d'impôt ne financent pas le futur, mais les déficits du passé, et c’est en définitive le pacte fiscal et social qui devient illisible. Troisième illustration, la méfiance vis-à-vis des élites. Le fossé avec l'opinion ne se comble pas. Cet automne, les dirigeants d'entreprise ont l'œil fixé sur la tôle ondulée de la reprise et le redémarrage américain ; on les comprend mais c’est loin des préoccupations françaises. Les politiques de droite se déchirent pour la présidentielle de 2017, qui n’intéresse qu’eux. Ceux de gauche se battent sur le cumul des mandats sans se rendre compte que c’est absurde de s’accrocher à leurs postes après avoir défendu le partage du travail des 35 heures pour les autres.En somme, c'est (presque) un climat de poujadisme que vous nous décrivez ! C’est plus sérieux, c’est le consentement à la loi qui est en cause. Les patrons Pigeons, les salariés de Sephora, les contribuables excédés expriment un sentiment profond contre ce qui est illisible et absurde en politique et en économie. Piégé, le gouvernement a raison d’y réfléchir de toute urgence.

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