Retour sur l’accident industriel survenu à l’usine Lubrizol de Rouen, une catastrophe qui inquiète encore les Rouennais.

La ministre française de la Santé et de la Solidarité, Agnes Buzyn (à droite) et la ministre française de la Transition écologique et inclusive, Elisabeth Borne (à gauche), rencontrent les pompiers lors de leur visite le 27 septembre 2019 à l'unité d
La ministre française de la Santé et de la Solidarité, Agnes Buzyn (à droite) et la ministre française de la Transition écologique et inclusive, Elisabeth Borne (à gauche), rencontrent les pompiers lors de leur visite le 27 septembre 2019 à l'unité d © AFP / Lou Benoist

C’est une catastrophe qui a impliqué d’énormes moyens pour contrer l’incendie (200 véhicules de pompiers) et qui a inquiété et inquiète encore les Rouennais. 

Faut-il comparer avec AZF ?

La comparaison a été faite avec AZF en 2001 : elle est douteuse à ce stade, il y avait eu 30 morts et 2.500 blessés et juste après le 11 septembre, on avait d’abord pensé à un attentat. Sur les accidents industriels, et il y en a eu 278 dans des usines Seveso l’an dernier, il y a une première question. 

Evaluer le risque lié à l’utilisation de produits dangereux face à l’utilité de ce qui sort de l’usine conduit soit à interdire l’activité, soit à renforcer les contrôles, sachant que :

  1. le risque zéro n’existe pas, mais 
  2. la réglementation doit évoluer sans cesse.  L’usine de Rouen a démarré en 1954 ; on ne la construirait plus près du centre-ville. Tout cela, c’est du cas par cas. 

L’autre question, plus récente, porte sur la transparence

Cela paraît évident de l’exiger. Mais ce qui est frappant est que l’on voit combien la parole publique n’est plus crue. Quatre ministres disent qu’il n’y a pas de danger, le doute plane encore, comme c’est le cas depuis le nuage de Tchnernobyl, les vaccins, l’alimentation, le diesel etc. 

Le point positif est qu’il existe des associations qui ont désormais l’expertise. 

Le point négatif c’est quand on ne croit plus jamais ce qui est dit ou que la transparence entraîne elle-même un doute. Le préfet a tenu une conférence de presse d'une heure et demi, sur le site de la préfecture il y a toutes les analyses, mais ces documents ont convaincu à tort les réseaux sociaux d’un risque radioactif. Du coup, panique

Bref, l’Etat doit être transparent mais les acteurs de la société civile doivent se montrer responsables : leur parole est aussi importante que celle de l’Etat.

Connait-on la cause de l’accident ?

Non et on voit que les responsables de Lubrizol n’excluent pas une piste criminelle   . On sent que leur communication est millimétrée, et à les entendre samedi, on se disait que seule une agence avait pu leur conseiller d’être seulement je cite "embarrassés" par cet "incident". Par ailleurs, ce matin encore, le site de l'entreprise renvoyait vers celui de la préfecture, point barre, sans l’expression d’une quelconque solidarité avec les Rouennais - ce qui a été changé dans la journée, NDLR. 

Ce principe de précaution juridique est tout de même assez léger.

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