Hier, trois dirigeants européens, Angela Merkel, Matteo Renzi, Manuel Valls, sont montés au créneau pour défendre le droit d’asile des réfugiés qui arrivent en Europe.

On a l’impression que l’Europe ouvre enfin les yeux - peut-être son cœur- face au drame des réfugiés qui débarquent par dizaines de milliers en provenance de Syrie, d’Irak et d’Afrique, à nos frontières de l’Est ou de Méditerranée. Certains dirigeants semblent en effet décidés à ne plus jouer les autruches et veulent agir pour organiser le droit d’asile. Dans ce domaine, l’Allemagne donne l’exemple et fait honte à d’autres pays. Dans le cadre d’une chronique économique, on peut rappeler des chiffres qui montrent que, certes, ces arrivées sont sans précédent récent par leur ampleur, mais qu’elles peuvent tout à fait être absorbées par l’Europe – y compris économiquement. Nous avons en tête les 340.000 arrivées illégales de réfugiés depuis le début de l’année, chiffre donné par l’Agence européenne Frontex. Oui, c’est beaucoup. Encore faut-il le rapporter à la population européenne, 508 millions d’habitants ; cela représente 0,06% des Vingt-Huit. Si on cumule le total des arrivées depuis début 2013, la proportion est de 0,15%. Si on ajoute les demandes d’asile officielles, les pourcentages ne varient guère. Le flux (entre guillemets) est considérable ; néanmoins qui se souvient que Frontex avait recensé 100.000 réfugiés/migrants illégaux en 2009, avant les printemps arabes, la guerre en Syrie etc., -dans l’indifférence générale. Bref, les mouvements de population, d’évolution de la main d’œuvre, de l’emploi, en Europe, seront, oui, impactés par l’arrivée de ces cortèges de malheureux. Mais cela reste, pour l’instant, numériquement marginal. La peur et la stigmatisation sont irrationnelles.

Economiquement, ces populations peuvent donc être absorbées ?

On a envie de dire oui. Mais en réalité, on ne devrait même pas, pour les réfugiés politiques, se poser cette question. Ce n’est pas d’abord parce qu’elle a un problème démographique et que le chômage y est bas que l’Allemagne accueille tant de réfugiés, c’est parce qu’elle a, depuis 1945, une tradition de protection des minorités. Et ici, les réfugiés seront-ils des victimes anticipées de la course à l’échéance de 2017 ?

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