Emmanuel Macron part en campagne. Quelle peut-être son offre économique pour 2017 ?

En un mot ? Il veut être, en économie aussi -et pas seulement en politique, AILLEURS, et pour cela ringardiser la gauche et la droite. Il veut incarner AUTRE CHOSE. C’est une force, celle de la nouveauté, et pas seulement générationnelle, face à la lassitude que ressent l’opinion des mêmes têtes et des mêmes idées, face au ras le bol. C’est sympathique (au sens noble), c’est frais et cela répond à un manque. Mais c’est aussi une faiblesse parce qu’AILLEURS, cela peut être à la fin nulle part.

Concrètement, quelle est sa force ?

Il vendra un point d’équilibre réaliste entre l’efficacité et l’équité sociale. Mais ce n’est pas cela qui fait sa marque pour l’instant. Sa marque est qu’il parle de l’économie autrement que la gauche et la droite. La politique économique habituelle, c’est pour l’essentiel bouger la fiscalité, les impôts, à la hausse, à la baisse, pour les uns, pour les autres. C’est usé, toujours la même chose. Lui, l’économie, il l’incarne autrement. Il a su en deux ans donner de la chair à la french tech-technologie, on l’a vu aux Etats-Unis, en Israël, en Chine. Ses cars, son travail le dimanche, ses notaires, cela fait peut-être rire mais c’est très concret.

Et sa faiblesse ?

Sa faiblesse, c’est le revers de la médaille : à un moment ou un autre les sujets comme la fiscalité reviennent toujours dans le débat malgré tout parce qu’ils sont « lourds », même s’ils sont lassants et récurrents. Or, il faudra choisir : l’ISF, c’est oui ou non ? L’impôt sur le revenu, on monte ou on descend ? La retraite etc. Or, comme il a participé au matraquage fiscal de ce quinquennat, donc ce terrain n’est pas le meilleur pour lui.

Ses chances ?

Si on regarde l’histoire, elles sont nulles. Les aventures hors parti n’ont jamais abouti. Si on fait des calculs électoraux, elles sont infinitésimales. Mais en même temps, la situation est tellement hors normes … Et Emmanuel Macron est talentueux. Reste que son pari est que l’économie sera centrale dans la présidentielle, ce qui est loin d’être acquis.

Quoi qu’il en soit, François Hollande joue de malchance avec Bercy.

Cahuzac avait un compte en Suisse, Montebourg a été éjecté et Macron humilie le président qui l’a nommé. A ce niveau, ce n’est plus du pas de bol.

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