C’est donc ce matin que les ordonnances réformant le droit du travail seront dévoilées.

Oui, et avant cette présentation par Edouard Philippe et Muriel Pénicaud, on peut dire qu’il existe sur cette réforme trois certitudes et deux interrogations. La première certitude est que le processus de concertation a vraiment eu lieu, que chaque organisation syndicale et patronale a été écoutée, la plupart le reconnaissent, que les secrets ont été gardés (ce qui est rare) et, surtout, que des lignes ont bougées. Le numéro un d’un des trois grands syndicats français me confiait hier. « On a commencé par un texte ultra-libéral, grâce à nous, il est devenu libéral, ce n’est pas ma tasse de thé mais c’est vrai que les Français ont voté il y a moins de quatre mois ». Deuxième certitude : s’il fallait résumer en une phrase l’objectif principal du gouvernement et des 150 pages d’ordonnances -en tout cas c’est ce qu’il affiche-, il semble que c’est de faciliter la vie des entreprises de moins de 50 salariés. Plus de souplesse au plus près du terrain, moins de formalisme, des choses prévisibles. La loi El Khomri concernait davantage des entreprises moyennes voire grandes. Dernière certitude : ces textes s’appliqueront vite, d’ici quelques semaines.

Et les interrogations ?

La première est évidente. Quel sera l’effet sur l’emploi de ces réformes qui modifient les niveaux de négociation, qui simplifient les instances de représentation des salariés, qui encadrent les conditions financières des licenciements et font bouger les règles des CDD ? Dans Le Point, Emmanuel Macron reconnaît qu’il faut 18 à 24 mois pour que cela « infuse ». Certaines mesures vont décoincer des choses, notamment parce qu’elles auront un effet psychologique dans les petites entreprises – et le déclic cela compte ? La vraie question est au fond : quelle mesure sera retenue par le patron d’une entreprise de transport de 38 salariés dans le Finistère ? La seconde interrogation porte sur l’ampleur de l’opposition au texte. La CGT sera dans la rue, tandis que la CFDT et FO, de leur côté, vont faire les comptes. Les indemnités prud’homales seront plafonnées, mais les indemnités de licenciement qui augmentent de 25 %, cela concerne bien plus de monde, des millions de salariés. Et il y a la réforme de l’assurance-chômage derrière. Mais ce qui pourrait arriver de mieux au gouvernement serait que le Medef ne soit pas trop content !

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