L'édito éco est présenté cette semaine par Jean Marc Vittori du quotidien "Les Echos". L'année économique ne se termine pas bien. Le nombre de chômeurs a progressé de 64.000 en novembre, la plus forte hausse jamais enregistrée en France. Est-ce que c'est une surprise ? Non, je serai tenté de dire hélas non. Ca fait d'ailleurs six mois que les Français redoutaient cette remontée brutale. Le chômage est ce qu'on appelle un indicateur retardé de l'activité économique. Or cette activité s'est dégradée. Dans les entreprises, on a distingué deux temps. D'abord un retournement à la baisse des ventes en mai dernier, puis une accélération du repli à partir d'octobre. Ce qui se passe aujourd'hui sur le marché du travail reflète seulement le premier temps, avec la réduction de l'intérim, des stages, des CDD, et le recours aux souplesses des 35 heures ou du chômage technique. Dans les prochains mois, c'est le deuxième temps, celui de la dégringolade et des plans de licenciement, qui va se retrouver dans les chiffres d'emploi. L'Insee prévoit plus de 200.000 suppressions de postes dans la première moitié de l'année 2009. Quelles vont être les conséquences de cette remontée du chômage ? J'en citerai juste trois. D'abord, ce sont des dizaines de milliers d'actifs qui se retrouvent sur le carreau et qui vont donc s'angoisser. Les jeunes sont nombreux à être touchés. Ensuite, c'est moins d'argent dans les porte monnaies, et donc moins de consommation. Les Français mettent certes beaucoup d'argent de côté, plus que tous leurs voisins, mais les premiers à perdre leur emploi sont rarement ceux qui ont les plus gros coussins financiers. Enfin, c'est des comptes sociaux qui vont s'enfoncer dans le déficit, avec moins de rentrées de cotisations sociales, et plus de prestations versées, notamment du côté de l'assurance chômage. Que faut-il faire ? Revenir à l'autorisation administrative de licenciement, comme le suggérait le socialiste Benoît Hamon au début du mois ? Surtout pas ! Même la plupart des socialistes l'admettent, au moins en privé : ce serait le plus sûr moyen de décourager l'embauche. Non, les deux grands leviers d'action sont ailleurs. C'est d'abord d'agir auprès des chômeurs au plus vite, en formation, en motivation. Le gouvernement a débloqué quelques moyens supplémentaires pour ça. Les premiers mois sont décisifs, il faut éviter l'enlisement dans le chômage de longue durée, dramatique à la fois humainement et financièrement. Le deuxième levier, c'est de soutenir intelligemment les entreprises fragiles pour éviter les licenciements qui peuvent l'être. Donnez-nous au moins une raison d'espérer! Je vous en donne trois. D'abord, ça a été bien pire. La France a connu plus de 3 millions de chômeurs, alors que nous en sommes aujourd'hui à 2,1 millions. Ensuite, certains mesures publiques vont donner un peu d'oxygène, comme les emplois aidés ou les allégements de charges pour les petites entreprises. Enfin, on créera encore en 2009, comme en 2008, des millions d'emplois.

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