Les places boursières mondiales s’apprêtent à boucler l’année dans l’euphorie. Après avoir eu très peur en janvier et février, elles ont finalement connu une croissance historique. Historique, c’est le mot. Un peu partout dans le monde, les indices boursiers se sont envolés. A tel point que la plupart des grandes Bourses ont d’ores et déjà retrouvé leur niveau d’avant la faillite de Lehman Brothers à la mi-septembre 2008. Ce n’est pas tout à fait le cas de la Bourse de Paris. Mais la hausse de son indice-phare le CAC40 s’établit tout de même autour de 22% avant la dernière séance de l’année. Et si l’on prend comme point de référence non pas le 1er janvier, mais le 9 mars, le jour où les marchés actions ont touché le fond, le rebond est encore plus spectaculaire. Pour le CAC40, il s’élève à près de 60%. En proie à la panique en début d’année, les investisseurs ont donc retrouvé le chemin de la confiance beaucoup plus vite que prévu et avec le même entrain que celui mis à sonder les profondeurs. La crise financière n’a rien changé à l’exubérance des marchés… C’est la nature des marchés que d’anticiper les évolutions économiques. Ils avaient commencé à baisser avant que la crise économique ne se déclenche, ils sont repartis à la hausse bien avant le retour de la croissance. Ce que la crise a balayé en revanche, c’est l’idée que la Bourse est toujours le placement le plus rentable sur longue période. Sur la décennie qui vient de s’écouler cette règle d’or ne s’est pas vérifiée et c’est une première. A Wall Street, notamment la baisse est de 10% depuis 2000. On y parle d’une décennie perdue. La hausse des derniers mois peut-elle se poursuivre ? Peu de gens le croient. Il faut dire que les ressorts de la hausse sont aujourd’hui distendus. Le retour à meilleure fortune des valeurs bancaires et automobiles, les plus massacrées pendant la crise financière, c’est dans les cours, comme disent les boursiers ! La prise en compte du redressement de la rentabilité des entreprises sous l’effet des plans de restructuration lancés pour compenser la récession. C’est dans les cours ! L’impact de la baisse des taux d’intérêt et des injections de liquidité des banques centrales. C’est dans les cours aussi. Du coup, les investisseurs recherchent des thèmes d’investissement, de nouvelles raisons de croire à une hausse future. Et ils n’en trouvent pas vraiment. Résultat, on est actuellement dans l’incertitude, le royaume du doigt mouillé. Les plus pessimistes pensent que le temps de la correction est venu, afin de réconcilier la valeur des actions avec la réalité économique des entreprises. Ils tablent donc sur un repli des grands indices. Les plus optimistes estiment eux qu’il reste du potentiel. Que l’amorce de reprise économique légitime la hausse des derniers mois et que l’amélioration progressive de la conjoncture justifie un nouveau millésime boursier de qualité. Dans ces conditions, qu’est-ce qui fera pencher la balance d’un côté ou de l’autre ? Deux échéances décisives se profilent qui devraient permettre de trancher ce débat. La première ne va pas tarder. Il s’agit de la publication des résultats annuels des entreprises, qui débutera à la mi-janvier. Si elle fait apparaître une hausse sensible de l’activité, alors les marchés boursiers repartiront de l’avant. Car cela justifiera le pari fait ces derniers mois sur le retour de la croissance. Le second rendez-vous lui n’est pas daté. Il se situera sans doute dans le courant du second semestre. Il s’agit du moment où les banques centrales commenceront à siffler la fin de la récréation, c’est-à-dire quand elles entameront le relèvement de leurs taux d’intérêt. Un moment crucial non seulement pour les marchés boursiers, mais aussi pour le reste de l’économie. Car il permettra de savoir si la parenthèse de la crise peut vraiment être refermée.

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