Nous sommes le 31 décembre, et donc c'est une chronique forcément un peu bilan de l'année. Mais un bilan sur ce qui a échappé à nos radars ! Deux événements, selon Dominique Seux, ont échappé à nos radars. Le premier - excusez moi de m'échapper de la scène purement française pendant les trois minutes qui me sont imparties - concerne la pauvreté dans le monde. Des éléments chiffrés de l'ONU sont sortis il y a exactement six mois, le premier juillet 2013, et on peut s'étonner qu'ils aient eu si peu d'écho cette année. Peut-être - je hasarde une hypothèse - parce qu'ils apportent une bonne nouvelle et que les bonnes nouvelles n'ont pas bonne presse.

Pauvreté
Pauvreté © Radio France
Que dit le rapport de l'ONU sur les objectifs du Millénaire sur le développement ? Ils disent que le taux d'extrême pauvreté, c'est-à-dire la proportion de gens qui vivent avec moins de 1,25 dollar par jour, (ce taux) a spectaculairement reculé ces vingt dernières années, et même ces dix dernières années. 47% de la population mondiale vivait sous ce seuil en 1990, le taux est passé à 22%. On parle de niveau de vie, le 1,25 dollar est dit constant, on peut acheter les mêmes choses. Le taux de pauvreté extrême divisé par deux ! Plus intéressant encore, la proportion de gens vivant avec un peu plus, moyennement plus, a grimpé spectaculairement aussi. L'ONU a apporté la preuve que la mondialisation a eu au moins cet effet positif, améliorer le sort des centaines de millions de gens, avec même un peu d'avance par rapport à ce qui était espéré. C'est bien sûr trop peu, trop lent, mais le plus remarquable est que cela n'intéresse personne. Une hypothèse : parce que personne ne peut dire, "c'est grâce a moi". Il fallait le dire. Précision : ces chiffres se trouvent très facilement sur Internet.**Deuxième actualité cachée, selon vous, de l'année 2013, qui se passe, cette fois, ces heures-ci : un anniversaire...** Oui, anniversaire pour lequel personne ne soufflera de bougie, n'offrira de gâteau et de cadeau. C'est l'anniversaire de l'euro, la monnaie unique, devenue la monnaie de la zone euro il y a quinze ans jour pour jour, le 1er janvier 1999. Vous vous dites peut-être : mais non, c'est en 2002. Non, les parités entre le franc, le mark, la lire etc. ont été fixées en 1999 et l'euro est devenue la monnaie extérieure. Demain matin, il y aura un dix-huitième membre de la zone euro, la Lettonie, capitale Riga. C'est il y a quinze ans que l'euro est arrivé, faut il le saluer aujourd'hui ou le regretter ? Le bilan, honnêtement, n'est pas bon. Il devait agir comme une force centripète, rapprocher toutes les économies de la zone euro, il a agi comme une force centrifuge, les économies se sont écartées. Le parapluie de l'euro à permis à certains pays de s'endetter les taux d'intérêt bas de l'Allemagne, qu'il s'agisse des banques, des ménages, des États. Et cela coûte cher aux Européens. Et aujourd'hui, on ne peut pas relancer la machine par des dévaluations. Maintenant, si on regarde l'autre moitié du verre, l'euro a traversé sa crise d'adolescence, est vacciné, et à condition que les politiques fassent ce qu'il faut, on va aller vers le mieux. C'est ce qu'on espère, on n'en est pas sûr. La pauvreté mondiale qui recule, l'euro qui doit être impérativement musclé : deux échéances dont on devait parler le 31 décembre sur France Inter. **► ► ► LIRE |** [Lettonie : fini le lats, bonjour l’euro](http://fr.euronews.com/2013/12/29/lettonie-fini-le-lats-bonjour-l-euro/)
Euro Exhibition à Riga en octobre 2013
Euro Exhibition à Riga en octobre 2013 ©
## Les liens [Le blog de Dominique Seux](http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/dominique-seux-r59.html)
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