On l’a appris hier : Volkswagen devient le numéro un mondial de l’automobile, malgré le scandale du diesel.

Le constructeur allemand est passé en tête du classement mondial de l’automobile l’année dernière, une place que le japonais Toyota occupait quasiment sans interruption depuis 2008. Volkswagen a vendu 10,3 millions de véhicules, un chouia de plus que Toyota. Et évidemment, la tentation est de se dire que les clients sont totalement indifférents au dieselgate, le scandale qui secoue l’entreprise allemande depuis dix-huit mois à cause des logiciels truqués qui ont faussé les émissions polluantes de diesel. La Deutsche Qualität plus que la pollution. En réalité, c’est une lecture un peu rapide parce que Volkswagen a beaucoup souffert aux Etats-Unis mais a marqué des points en Chine et en Chine il y a très peu de véhicules diesel. Dans ce pays, l’allemand a vendu quatre millions de voitures, contre un gros million pour Toyota, et il possède vingt usines. Clairement, c’est là-bas que cela se passe.

Au total, le groupe allemand a donc rebondi ?

Au total, oui. Il y a vraiment deux stratégies différentes entre les numéros un et deux. Volkswagen aligne une vingtaine de marques, Skoka, Audi, Porsche, Scania, et Volkswagen évidemment, le groupe est présent sur tous les segments du marché. A l’inverse, Toyota n’a qu’une seule marque, Toyota. Le résultat est que VW obtient les plus gros volumes, mais Toyota s’en moque, Toyota réalise davantage de bénéfices.

Donald Trump a en tous cas les deux constructeurs dans le collimateur.

Son slogan America First l’encourage à soutenir General Motors. Le président s’en est pris publiquement à Toyota qui a un projet d’usine au Mexique et importe des voitures du Japon, je le cite, dans « les plus grands bateaux qu’il a jamais vus ». Volkswagen, de son côté, a aussi promis des milliards d’’investissement aux Etats-Unis, mais n’a pas l’intention de renoncer à son usine mexicaine, qui a 50 ans. Le groupe allemand l’a dit sans nuance : on ne va pas décider nos investissements en fonction de gouvernements qui changent tous les quatre ans. Les entreprises veulent bien, pour la com, donner un coup de main à Trump, mais pas au-delà de certaines limites.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.