Ce matin : les trois lectures de l’accélération de croissance annoncée par l’Insee hier.

Une croissance de 1,9% en 2017, rythme le plus soutenu depuis six ans, des entreprises qui investissent, des créations d’emplois : les nouvelles économiques sont bonnes. Mais au-delà, oui, trois lectures sont possibles.

 La première est purement politique

J’ai envie de dire vieille politique. On a vu les fidèles de François Hollande comme le gouvernement actuel revendiquer cette nouvelle : cela veut dire que personne ne peut s’en attribuer la paternité. La croissance de 2017, c’est l’effet des mesures de l’ex-président, de l’arrivée du nouveau et surtout d’un mieux général. 

Bref, sur le plan politique, c’est presque trop tôt pour Emmanuel Macron, d’autant plus que ressurgit inévitablement la thèse bizarroïde de la cagnotte.

Deuxième lecture, comptable

Si on regarde bien, la croissance n’a pas de quoi nous faire sauter au plafond si on tient compte de l’évolution démographique, forte en France. Le produit intérieur brut par habitant a grimpé d’environ 2% seulement depuis 2008, depuis l’avant crise financière, donc depuis dix ans. Une quasi-stagnation aussi longue ne s’était pas vue depuis la seconde guerre mondiale. Cela est reparti en 2017 mais il faudra du temps avant que les Français ressentent ce mieux dans leur vie. 

S’agissant du niveau de vie, ce mercredi 31 stresse le pouvoir : les salariés du privé qui reçoivent aujourd’hui leur paie de janvier vont-ils voir (ou pas) le petit coup de pouce lié à la baisse des cotisations sociales ?

La dernière lecture est économique

Foin des chiffres, regardons le mouvement. Et le mouvement est bon, la tendance pour 2018 est bonne : on pourrait bien dépasser les 2%, ce qui ferait enfin reculer le chômage. En réalité, la France doit se fixer comme objectif de faire mieux encore, sa croissance est encore sous la moyenne de la zone euro. 

Outre le chantier de la formation, essentiel, cela ne sera possible que si des industriels relocalisent des activités ici, que si la production monte en gamme (nous vendons des produits de qualité du sud de l’Europe au prix allemand entend-on parfois) et que si la France renoue avec sa tradition de vraies innovations technologiques qu’elle a longtemps eue et qui s’est un peu perdue. 

L'Insee, pour sa part, fait un effort d'innovation puisqu'il a annoncé hier la prochaine comptabilisation dans la croissance et le PIB du traffic du drogue !

  

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