Ce matin, le Brexit bien sûr, avec une question : d’un jeu perdant-perdant, peut-il sortir du ... « bon » ?

Angela Merkel et Emmanuel Macron en janvier 2020
Angela Merkel et Emmanuel Macron en janvier 2020 © AFP / CARSTEN KOALL / DPA / dpa Picture-Alliance

Le Brexit est un saut dans l’inconnu, et sans doute un jeu perdant-perdant, pour le Royaume-Uni et pour les Vingt-Sept. Mais en fait on ne sait pas vraiment. Tout dépendra du type de relations qui seront construites après la séparation : divorce radical sans droit de visite, domiciles séparés, union libre quand même ? 

Londres va bien sûr essayer d’avoir le meilleur des deux mondes : garder les règles européennes quand c’est son intérêt, sur les marchandises courantes et l’automobile, les oublier quand c’est son avantage, dans le domaine financier.

L’Union se laissera-t-elle faire ? 

En fait, l’équilibre à trouver est subtil : ne pas chercher à se venger en étant trop dure, mais montrer qu’on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Au-delà, un point intéressant est de constater que le départ du Royaume-Uni est un coup de pouce à la zone euro, qui devient le plus gros dénominateur commun de l’Union. Dix-neuf pays sur Vingt-Sept, mais désormais 85% du produit intérieur brut européen. 

Trois Européens sur quatre auront maintenant en commun la même monnaie. Cela veut dire que les « pays euro » auront plus de poids dans les décisions communautaires.  

Et l’Europe va-t-elle avancer ? 

C’est la question. Clairement, ça ne va pas assez vite, le Brexit a monopolisé trois ans et demi d’énergie. Il serait malhonnête de dire que rien n’a été fait pour tirer les leçons de ce rejet européen par le peuple britannique : la nouvelle Commission est plus « nationaliste » vis-à-vis de la Chine et des Etats-Unis, plus défensive de ses intérêts, plus ambitieuse sur le climat et l’industrie. 

Ici ou là aussi, des progrès ont été enregistrés, un budget riquiqui de la zone euro et d’autres points ultra-techniques. 

Mais le couple franco-allemand patine, alors qu’il est censé être le moteur de la nouvelle Europe amputée. 

Deux exemples vus simplement hier : Emmanuel Macron a inauguré un site de production de batteries électriques en Charente, c’est soi-disant l’Airbus de la batterie. Mais il n’y a pas de constructeur automobile allemand intéressé en dehors d'Opel filiale de PSA. Et Berlin, qui aurait dû dégager des fonds avant ce soir pour travailler sur le futur avion de combat franco-allemand (le Scaf), ne l’a pas fait. Ce sera mi-février parait-il. Mais on voit bien que le Brexit n’a pas été le coup de fouet espéré.

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.