La croissance française a ralenti au printemps, l’Insee le révélait hier. Risque-t-elle de disparaître ?

La croissance française a ralenti au printemps
La croissance française a ralenti au printemps © Getty / Antoniooo

Commençons par le chiffre. D'après l’Insee, la production française, mesurée par le fameux PIB, a progressé de seulement 0,2% au deuxième trimestre : c'est le plus mauvais chiffre depuis un an ! C’est ennuyeux, car le PIB, c’est aussi les revenus. Et pourtant, quand on regarde de plus près, c’est en fait assez rassurant sur la suite.

Les détails qui rassurent

D’abord, les entreprises investissent. L’an dernier, elles avaient augmenté leurs dépenses d’équipement de 4%, et elles continuent au même rythme cette année. Ca veut dire deux choses. 

Primo, les chefs d’entreprise ont confiance dans l’avenir. On n’achète pas une machine-outil ou un ordinateur si on pense que le marché va se casser la figure la semaine prochaine. Cette confiance ne tombe pas du ciel, mais des commandes de leurs clients. 

Deuxio, les entreprises ont assez d’argent pour investir. Elles font donc des profits – le gouvernement a été d’ailleurs été critiqué pour leur avoir fait des soi-disant cadeaux. Et quand elles ne font pas assez de profits, elles trouvent des investisseurs qui leur prêtent de l’argent. Tout ça va dans le bon sens.

La consommation des français

Les consommateurs ont été prudents au printemps. Ils ont acheté moins de voitures et ils ont fait ceinture côté restaurants. Mais ils en ont sous le pied. Les revenus vont progresser davantage pendant la seconde moitié de l’année, avec notamment une nouvelle baisse de la taxe d’habitation. Et les Français épargnent beaucoup, plus de 15% de leurs revenus. Ils n’ont pas encore utilisé l’argent supplémentaire venu des baisses de cotisations sociales, des diminutions d’impôts, des mesures Gilets jaunes. Or historiquement, ils ont toujours dépensé leurs gains supplémentaires en quelques trimestres. L’effet stimulant de ces dépenses est donc devant nous, et c’est tant mieux.

La France devrait donc plutôt bien se porter ? 

Je n’irais pas jusque là. Disons plutôt qu’il y a dans le pays un socle de croissance assez bas, à peine un peu au-delà de 1%, mais un socle résistant. Heureusement, car ça ralentit un peu partout ailleurs, en Chine, aux Etats-Unis, en Allemagne où la croissance devrait être pratiquement moitié moins forte qu’en France cette année. 

On en revient encore et toujours à Charles-Maurice de Talleyrand, qui affirmait déjà il y a deux siècles : « Quand je me regarde, je me désole. Quand je me compare, je me console. »

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