**Les Français ont donc jusqu’à ce soir pour déposer ou envoyer leur déclaration de revenus 2009.… leur déclaration sous forme papier puisqu’ils ont encore quelques jours ou semaines selon leur département pour la remplir sur Internet (j’imagine que c’est ce que vous faites, Nicolas ? - …. Vous (n) êtes (pas) un vrai geek ! ). Pourquoi parler de ce pensum qui revient chaque année mais qui présente peu de nouveautés cette année ? Eh bien parce que cet impôt est en réalité de plus en plus un impôt paradoxal, un animal assez bizarre dans notre paysage fiscal … Le premier paradoxe est que cela reste l’impôt le plus connu, tout le monde déclare ses revenus, mais que c’est un impôt qui est de moins en moins lourd. Je ne vais pas vous abreuver de chiffres mais je vous en donne un : il représente aujourd’hui à peine plus de 6% des prélèvements obligatoires, contre 9% il y a vingt ans et nettement plus chez nos voisins. En clair, il a beaucoup baissé. L’IR(PP) rapporte beaucoup moins que la CSG maintenant et que la TVA que l’on paie sans y penser. C’est d’ailleurs pour cela que la CSG et la TVA sont plus faciles à relever. Pourquoi cette baisse ?Voilà le second paradoxe. L’impôt sur le revenu, le seul impôt progressif, a diminué sous l’influence de la droite et de la gauche aussi. Il y a vingt ans, le taux le plus élevé du barème était de 57%, il est aujourd’hui de 40% - même si cette diminution s’explique en partie par l’intégration de l’abattement de 20% sur les salaires. Mais en réalité tous les taux ont diminué. L’autre phénomène, c’est la multiplication des niches fiscales, les réductions d’impôt en tous genres – dont on parle beaucoup en ce moment et que le gouvernement Fillon veut « raboter ». L’une des plus chères est la réduction d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile (femmes de ménages, répétiteur de cours, jardinier..). La dernière explication de la baisse relative de l’IR, c’est la montée en puissance d’autres impôts, la CSG, les impôts locaux. Il y a encore d’autres paradoxes ?Celui-là est archi connu : l’impôt sur le revenu, le seul qui résulte d’une démarche consciente de déclaration et de calcul, n’est payé que par 55% des Français, un sur deux. Un taux qui monte à 64% en Ile-de-France, à 70% dans les Hauts-de-Seine (on y est plus riche), mais qui descend à 47% en Corse (où on a sans doute moins de revenus – je ne vois pas d’autre explication …) et à 28% dans les DOM-TOM ! Le résultat est que l’impôt sur le revenu est très concentré : l’essentiel est payé par peu de ménages tandis qu’un certain nombre ne paient pas l’impôt, mais reçoivent un chèque, la prime pour l’emploi. Mais la charge la plus lourde pèse, dans les classes moyennes, sur les célibataires sans enfant. En haut de l’échelle, on voit que l’impôt sur le revenu n’est pas progressif, mais régressif, puisque une centaine des contribuables les plus riches ont diminué leur impôt de 93% grâce aux niches fiscales. On a donc un impôt concentré et « troué », avec des principes mais beaucoup d’exceptions … très français ! Un dernier conseil ?De regarder le document qui accompagne la déclaration et qui récapitule les dépenses et les recettes de l’Etat. Et ce qui frappe, c’est le trou absolument béant du déficit ! On peut vraiment inviter à regarder ce tableau !**

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