L’Insee l’a confirmé hier : cela va mieux ; mais est-ce que cela va vraiment mieux ?

Oui, la question c’est : économiquement, cela va mieux pour la France ; mais est-ce que cela va mieux pour les Français ? S’agissant de la France, ces derniers jours, l’Insee a donné trois signaux positifs. Après le bon chiffre du chômage, on a appris vendredi que le moral des ménages français est au plus haut depuis 2007. L’enquête a certes été effectuée avant les pénuries dans les stations d’essence et les images de blocages, mais quand même. Et hier donc aussi, l’Insee nous a appris que la croissance s’était élevée à 0,6% au premier trimestre de cette année, un peu plus que prévu. Et elle s’appuie sur deux jambes, la consommation et l’investissement. Deux jambes, c’est plutôt bien et cela permet à la croissance d’avancer sur un rythme d’environ 1,5% en rythme annuel. Ce n’est pas le Pérou, mais c’est déjà ça. Bref, ça va mieux : ce n’est pas parce que François Hollande le répète dix fois par jour que c’est forcément faux.

Mais j’attends le « Mais »…

Mais les raisons principales de cette embellie, prix du pétrole, euro et taux d’intérêt bas, ne garantissent pas que cela va durer. Mais, aussi, d’autres pays font mieux. Mais, surtout, et c’est un point que l’on évoque de temps en temps à ce micro, ce qui compte pour voir si les Français vont mieux, ce n’est pas la croissance du PIB. C’est le niveau du PIB par habitant . Car la population n’en finit pas de grandir. Depuis début 2008, la Métropole a gagné plus de deux millions d’habitants. Et donc ? C’est seulement maintenant, début 2016 (je peux le dire parce que l’Insee l’a calculé hier soir), que le PIB, la richesse, par habitant, a retrouvé son niveau d’avant-crise. Depuis huit ans, l’économie a avancé parce qu’il y avait plus de monde pour la pousser, elle ne va pas plus vite pour chacun d’entre nous et elle allait jusqu’à maintenant plus lentement.

Votre conclusion ?

Un : la bonne nouvelle, c’est que nous sortons la tête de l’eau, nous sortons d’une période tout à fait exceptionnelle depuis soixante-dix an, et c’est pour cela que c’est dur. Deux : tous ceux qui voudraient se reposer sur les lauriers de la reprisette actuelle et pensent que l’économie c’est réglé, on va passer à autre chose, tous ceux-là se mettent le doigt dans l’œil.

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