Plusieurs informations sur la conjoncture économique ont suscité de l’optimisme hier.

En duplex de Marseille.

La première concerne le moral des ménages qu’interroge l’Insee chaque mois depuis bientôt cinquante ans. Ce moral a grimpé en mai pour retrouver un niveau inédit depuis août 2007. C’est une bonne nouvelle qui coïncide avec l’élection d’Emmanuel Macron – même si pour la véracité technique, il faut préciser (avec le sourire) que les deux tiers des personnes interrogées l’ont été avant son élection, fin-avril-début mai. Mais c’est vrai que l’on sent dans une partie du pays une envie d’avoir envie d’y croire, d’être optimiste. C’est de bon augure parce qu’il y a un lien vérifié entre la confiance et la croissance. Attention toutefois à ne pas sauter au plafond : l’indice de confiance est aujourd’hui à 102 (100 c’est la moyenne de long terme) et j’ai regardé : en mai après chaque présidentielle de 1981 à 2007, cet indice a toujours été supérieur à 105 - au-dessus d’aujourd’hui. Le seul président dont l’élection a coïncidé avec un moral dans les chaussettes, c’est Hollande, avec un indice 92 ! Bref, Macron créé de l’attente et a droit à un petit état de grâce économique.

L’autre information d’hier concerne directement la croissance.

Elle va dans le même sens et montre qu’une vraie reprise est en gestation. L’Insee a révisé en hausse le niveau de la croissance au premier trimestre et la conclusion est que si ça continue, le rythme de 1,5 % cette année est dans la poche. C’est mieux que depuis longtemps. Comme on sait qu’il y a des créations d’emplois, un chômage qui baissote, des investissements qui repartent, des marges qui se redressent, il y a un (petit) cercle vertueux. A partir de là, le nouveau président peut remercier François Hollande, qui est un peu dans cette affaire un roi maudit, il peut aussi rêver que ce bol d’oxygène lui facilitera ses réformes. Il peut surtout espérer que lui seront épargnés les débats sempiternels sur les politiques de soutien à l’activité ou de relance, pour se concentrer sur le traitement par acupuncture des faiblesses tricolores, l’identification des blocages de l’économie, localisés mais handicapants. Chanceux ? Oui ! Comme l’a joliment dit Hector Berlioz, la chance d’avoir du talent ne suffit pas, il faut encore le talent d’avoir de la chance.

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