Ce matin : clash hier entre Emmanuel Macron et les Etats-Unis sur le commerce international.

Le lieu : l’OCDE, l’organisation qui regroupe les pays les plus développés du monde et qui a son siège à Paris. 

Le moment : un forum haut de gamme au cours duquel intervenaient le président français et, entre autres, le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, proche de Trump. 

Le clash : ce sont deux conceptions radicalement opposées qui se sont exprimées, sur l’économie mondiale et la façon de corriger ce qui ne va pas, au point que Washington a refusé de signer tout communiqué commun. 

Sur l’économie, le ton n’est plus du tout aux embrassades (et aux papouilles) avec le président américain. Wilbur Ross a défendu abruptement la méthode bilatérale et la manière forte pour régler les problèmes commerciaux, ironisant froidement sur les bavardages inefficaces que sont aux yeux américains les négociations multilatérales. 

Emmanuel Macron, lui, a une nouvelle fois délivré un discours de haute tenue intellectuelle et historique, discours qui dit ceci : la guerre commerciale peut mener à la guerre, l’Europe a vu cela dans les années 30, donc ne jouons pas avec le feu. Oui, il y a des choses à corriger dans la mondialisation, les laissés-pour-compte, mais réglons cela ensemble, par le multilatéralisme. Il y avait un air de ressemblance avec le discours de Villepin à l’ONU en 2003 contre l’intervention en Irak : c’est un vieux pays, la France, d’un vieux continent, l’Europe, qui vous le dit etc.

Et qui est le plus convaincant ?

Macron a raison de dire que discuter est mieux que pérorer et que les traités valent mieux que la brutalité. « L'effet naturel du commerce est de porter à la paix », vantait déjà Montesquieu, apôtre du doux commerce. Vrai et vérifié. 

Mais le problème est que le commerce n’est plus doux, avec une hyperChine qui se moque des règles et des Etats-Unis qui s’alarment d’un déficit commercial annuel de 600 milliards de dollars. Trump répétant qu’il y a plus de BMW à New York que de Chevrolet à Berlin et les populistes italiens expliquant que leurs déboires sont la faute des autres (Bruxelles), ils auront toujours plus de succès qu’un appel élyséen à refonder l’OMC. 

Le discours de la raison ne sera entendu que s’il est ferme mais surtout concret et économiquement argumenté -ce qui n'est pas assez le cas. En attendant, l’Europe n’aura d’autre choix que de riposter aux sanctions américaines sur l’acier qui seront annoncées par Washington ce soir. 

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