**Les attaques se multiplient contre le bouclier fiscal.Ce bouclier, c’est le sparadrap du Capitaine Haddock pour la majorité ! En réalité, ce plafonnement à 50% de ce qui est dû au fisc par rapport aux revenus n’a jamais quitté le débat politique depuis 2007. Et c’est encore la politique, bien avant l’économie, qui la remet en selle aujourd’hui. Si les socialistes sont rejoints dans leurs critiques par Dominique de Villepin, par Alain Juppé, par Gérard Longuet, président des sénateurs UMP, et par Jean-François Copé, celui des députés UMP qui a dit hier que « sa religion définitive n’est pas faite », - si tout ce monde doute, c’est aussi parce que l’on assiste à un défoulement post-régional qui conteste l’autorité sans partage de Nicolas Sarkozy. En face, pour l’heure, le gouvernement tient bon. Le chef de l’Etat, François Fillon et, ce matin dans « Les Echos », François Baroin, le très chiraquien ministre du Budget, défendent le bouclier. Cela étant, après le contexte politique, il faut regarder le côté économique des choses. Alors, que dit l’économie ?Sur le fond, côté défense du bouclier, on voit que sur les 19.000 bénéficiaires du bouclier, quelques centaines seulement se voient rembourser des sommes très élevées - parce qu’ils ont un patrimoine important, supérieur à 15 millions d’euros. Sans le bouclier et à cause de l’Impôt sur la fortune, leur taux d’imposition irait jusqu’à 130%, c’est-à-dire qu’ils devraient vendre leurs biens et courraient très vite en Suisse ou ailleurs. C’est pour cela que, dès 1988, Michel Rocard avait institué un plafonnement de l’ISF, qu’Alain Juppé avait ensuite allégé en 1995 ! L’histoire n’est pas nouvelle... Si on regarde maintenant les critiques, le bouclier a été taillé trop large. Jacques Chirac l’avait institué à 60% des revenus, Nicolas Sarkozy l’a abaissé à 50%, mais en incluant la CSG et la CRDS dans les impôts pris en compte, à côté de l’impôt sur le revenu, des impôts locaux, de l’ISF. Alors que la CSG est plutôt une cotisation sociale. En outre, le problème de départ du bouclier est qu’il est né de l’impossibilité – ou de la supposée impossibilité – de supprimer l’ISF, que la France est le seul pays à conserver. Une réforme d’ensemble aurait été préférable. Faut-il, quand même, le modifier ? C’est une décision politique. Mais l’économie dit deux choses encore. Un : faire croire, comme est tenté de le dire la gauche, que tous les problèmes financiers seraient réglés avec la suppression du bouclier – qui rapporte près de 600 ou 700 millions d’euros - est au mieux une naïveté, au pire un mensonge. Deux : faire croire, comme le gouvernement le répète, que les Français échapperont à un moment ou à un autre – sans doute après 2012 - à une hausse des prélèvements fiscaux ou sociaux, pour la retraite, la santé ou le Budget de l’Etat, n’est absolument pas sérieux. Et évidemment, quand cela arrivera, la question de la participation de chacun se reposera. Dans son interview aux « Echos », François Baroin parle de faire, plus tard, le bilan du bouclier. Qui dit bilan, en comptabilité, dit actif – qu’il faudrait connaître aussi - et passif. Le bouclier n’est pas mort, mais il est sérieusement enfoncé.**

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