Au menu de votre édito éco, ce matin : un commentaire sur les élections municipales et une information économique déterminante pour l’après-remaniement.

Voilà ce qu’on appelle un teasing ! Mais on va rester un instant encore avant de parler comme tout le monde remaniement, Matignon et nouvelle équipe. La question locale qui va concerner très vite les habitants des quelques 36.700 communes françaises dont les maires ont été élus ou réélus est la suivante) : y a-t-il une chance pour qu’en 2014-2015, première année d’un nouveau mandat, les impôts locaux n’augmentent pas comme cela a toujours été le cas la première année d’un nouveau mandat ? Cette question concerne la droite comme la gauche, qui font face même au même mur aujourd’hui.

Parce qu’il y a une tradition française bien installée qui pourrait être oubliée cette fois-ci ?

Oui. La tradition est que la première année, le tour de vis fiscal est violent, pour ensuite s’alléger petit à petit au fur et à mesure que l’on se rapproche de l’élection suivante. La période 2008-2014 en constitue une illustration frappante. Ecoutez bien le decrescendo. 2008 : plus de 5% de hausse ; 2009 : 3% ; 2011 : moins de 1% ; 2012 et 2013 : presque zéro ! Eh bien, cette fois-ci, le ras-le-bol fiscal a été tellement présent que les candidats, dans la plupart des villes de France, ont promis la pause, la stabilité, le gel. Bref, de ne plus toucher aux impôts. Les maires élus respecteront-ils les promesses faites par les candidats ? On verra mais quarante millions de contribuables les regardent.

Le cas de Paris et Lyon sont intéressants…

A Paris, Anne Hidalgo s’est engagé à « geler » les impôts – c’est le mot qu’elle a utilisé. Il faut dire que l’histoire récente a été salée pour les contribuables parisiens. En début de deuxième mandat Delanoë, les taux ont grimpé de 18% pour les locataires et de plus de 60% pour les propriétaires. En revanche, il y a un contre-exemple, assez rare dans cette campagne : Lyon. Gérard Collomb prend le contre-pied du discours général et assume un relèvement des impôts très rapide, de 4 à 5%. Faut-il le féliciter pour sa franchise ? Les Lyonnais l’ont en tous cas réélu. Mais cela semble être une exception sur les grandes et petites qui, je le répète, ont plutôt garanti la pause fiscale locale.

Maintenant, donnez-nous l’information économique qui, d’après vous, va peser sur l’après-élection.

A 7 heures 30, l’Insee annoncera le niveau qu’a atteint le déficit public fin 2013. Mauvaise surprise : il est plus élevé que prévu par le gouvernement. 4,3% du PIB au lieu de 4,1%. Hollande le sait depuis hier. Hollande lui depuis hier… Mais l’information n’est pas là. On voit que Bercy a augmenté les impôts de plus de 30 milliards d’euros l’an dernier et le déficit n’a baissé que de 10 milliards. C’est un échec cinglant. Cela veut dire qu’il n’est plus possible d’augmenter les impôts et que la seule voie est celle des économies et du soutien aux entreprises pour la croissance. Alors, qui incarne le plus cette politique-là ? Je laisse la parole aux journalistes politiques !

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